300 ans après, l'influence de Rousseau pèse encore

Jean-Jacques Rousseau, dont on célèbre le 300e anniversaire de la naissance, a influencé les méthodes éducatives actuelles, surtout avec son livre «L'Emile, ou de l'éducation». Tom Bloomer, recteur international de l'Université des Nations de JEM et titulaire d'un doctorat sur la théologie de l'éducation, nous en dit plus.

16 Août 2012
  • On évoque aujourd'hui l'influence de Rousseau sur l'éducation actuelle : sommes-nous vraiment héritiers de ce penseur?

Partout dans le monde, tous ceux qui veulent devenir enseignants doivent étudier les idées de Rousseau, ce qui prouve leur longévité, même si personne n'est jamais parvenu à les mettre tout à fait en pratique.
 
 

  • Qu'a-t-on principalement gardé de Rousseau en matière d'éducation ?

Certainement l'idée de l'épanouissement, de la spontanéité. A la suite de Rousseau, on croit aujourd'hui que l'enfant doit faire ce qu'il veut et quand il veut: l'apprentissage viendrait par l'intuition et l'expérience. Il y a ce mythe que l'enfant apprendra même s'il passe son année à courir dans les pâturages, qu'il devrait s'épanouir sans règle ni structure.
 
 

  • En quoi cela est-il problématique ?

Cette conception n'est certes pas toute fausse, puisque Dieu nous a créés avec une capacité de croissance: d'une certaine manière, l'enfant va se développer comme une plante. Mais Rousseau a commis l'erreur de rejeter l'idée de péché, arguant que l'homme est bon. Ce faisant, il a refusé la nécessité des institutions et des lois, nous léguant une manière de voir qui est allée jusqu'à toucher nos Eglises. 
 
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jean pierre
rive
Il y a : 2 semaines 2 jours
sous reserve d un approfondissement la question suppose la reponse a plusieurs préalables:peut on repondre a une question unique pour "les religions";le christianisme ou plutôt "la foi chretienne" relevent ils de "la religion"concue comme un unique ensemble, divers certes, de paroles ,pratiques et rites; la foi chretienne n est peut etre pas de l ordre du religieux,mais comme le dit Hauerwas d une certaine ethique enracinée dans une vie orientée par la croix et la resurrection de jésus christ;sans succomber a ce qui fut une mode l areligiosité de la foi chretienne reste a mediter;ce qui ne s oppose pas a la priere a la celebration et a la liturgie;ensuite la mission (de service public)suppose que quelqu un "ENVOIE" ,le christ ou l etat;a quelle souveraineté ultime obéissons nous? alors OUI nous avons une mission de service public (notre foi ne se suffit pas de l intime )qui estde poser les signes imparfaits mais impératifs du royaume advenu parmi nous et en cours de manifestation
Claire
Bernole
Il y a : 2 semaines 6 jours
(2) Je m’appuie sur l’exemple que je connais le mieux, celui du christianisme. Jésus a nourri et guéri –y compris le jour du repos– mais il a aussi affirmé que l’homme ne vivrait pas de pain seulement. Il ne s’agit pas de prêcher la bonne parole à un ventre vide. Succès non garanti ! C’est la question de l’articulation entre aide matérielle et apport spirituel qui se pose. S’il est de bon ton d’être engagé dans des œuvres caritatives, on est en revanche rapidement taxé de "prosélyte" lorsqu’on parle de sa vie de foi. Il semblerait qu’entre un silence respectueux et une évangélisation agressive, il n’y ait pas de place pour un simple partage. Ainsi, il devenu bien plus problématique de parler de la mission d’évangélisation des églises que de leur mission de service public ! Ma conscience chrétienne me pousse à m’interroger : dans une culture où la tolérance est devenue une valeur suprême, comment assumer la mission spirituelle que me laisse Jésus tout en restant respectueuse d’autrui?