American Pastoral

American Pastoral

La première réalisation de l’acteur britannique Ewan McGregor. Il y interprète aussi le rôle principal et partage l'affiche avec l’oscarisée Jennifer Connelly et la jeune Dakota Fanning. "American Pastoral" est une adaptation du célèbre roman de Philip Roth paru en 1997.

Un contenu proposé par ArtSpi'in

Publié le 30 décembre 2016

Auteur : Jean-Luc Gadreau

Dans l’Amérique des années 60, Seymour Levov, dit « le Suédois », autrefois champion de sport de son lycée, est devenu un riche homme d’affaires marié à Dawn, ancienne reine de beauté. Mais les bouleversements sociopolitiques de l’époque font bientôt irruption dans la vie bourgeoise, en apparence idyllique, de Seymour. Lorsque sa fille adorée, Merry, disparaît après avoir été accusée d’acte terroriste, il part à sa recherche pour que sa famille soit de nouveau unie. Profondément ébranlé par ce qu’il découvre, il doit affronter le chaos qui secoue la société américaine et jette les bases d’un nouveau monde. La vie de famille ne sera plus jamais la même…

American Pastoral nous replonge donc aux Etats-Unis, au cœur des sixties. Une décennie qui, si elles nous laissent des souvenirs de fraicheur, de rock’n roll ou de fast-food aux serveuses sur patins à roulettes, est aussi une période sombre de l’Amérique. Tensions sociales, racisme et violences diverses… C’est le temps aussi où une certaine jeunesse cherchait à sortir d’un empêtrement bourgeois, voulait réagir face à des comportements qu’elle jugeait oppressants et scandaleux, quitte à risquer une radicalisation avec son lot inévitable de conséquences malheureuses. La jeune Merry, née d’un couple frisant la perfection esthétique et sociale, en est un exemple parfait et son bégaiement l’illustration de ce malaise profond. C’est le point de départ de l’a déliquescence de cette famille où l’amour paternel cherche à préserver et sauver ce qui semble ne plus pouvoir l’être.

Ewan McGregor, en faisant le choix d’une réalisation très classique et en usant de la bonne idée d’en faire un film d’une durée raisonnable (qui évite certaines longueurs trop souvent présentes dans ce genre d’histoire), réussit à faire ressortir les émotions qui portent ce magnifique scénario, pourtant compliqué. Le casting est impeccable et apporte une réelle puissance captatrice aux personnages. Le spectateur est accroché, accompagne la rage et le chaos de Merry, la dérive de Dawn et surtout la détresse criante de Seymour, ce père qu’incarne McGregor, impuissant et dévasté.

Si American Pastoral nous plonge dans un « passé américain », sa force réside aussi sans doute dans l’universalité et l’intemporalité des sujets abordés. Crise familiale, réalisation personnelle d’une ado dans un cadre vernis et formaté ayant comme seule conséquence de développer un mal être profond, et, bien entendu dans notre contexte géo-politique actuel, la radicalisation conduisant au terrorisme qui peut s’opérer chez un jeune « bien sous tous rapports ». Si les enjeux sont différents d’aujourd’hui, on pourra observer des similitudes dans le déroulement, les points d’appuis, l’entourage… l’engrenage qui se met en place dans un aveuglement parental total. Le long-métrage regorge ainsi de thématiques qui font écho au présent.

American Pastoral n’est sans doute pas LE film de l’année, mais, en tout cas, il serait bien dommage de la finir en passant à côté. Et si Ewan McGregor n’avait plus rien à prouver en tant qu’acteur, il s’ouvre une nouvelle voie d’expression très intéressante en passant aussi derrière la caméra. Bien joué !

Découvrez d’autres critiques de films sur le blog ArtSpi’in

Commentaires

Dans la même rubrique...

Le protestantisme, la belle histoire

Dans son nouvel opus, Le protestantisme français, la belle histoire (XVIe-XXIe), Patrick Cabanel retrace 5 siècles d'histoire d'une minorité active.

Un contenu proposé par Blog de la librairie Jean Calvin

Sérénissime Venise en fête

De Tiepolo à Guardi, la peinture italienne s'expose au musée Paris-Cognacq-Jay jusqu’au 21 août 2017.

Un contenu proposé par Protestants dans la Ville

David Reinhardt… De Django à Jésus

Rencontre avec David Reinhardt, guitariste de jazz et petit-fils de Django Reinhardt, à quelques jours de la sortie du film Django, réalisé par Etienne Comar.

Un contenu proposé par ArtSpi’in

UN CONTENU PROPOSÉ PAR

ArtSpi’in

Cinéma, culture, sport, spiritualité, société, Internet… Autant de sujets de prédilection du blog de Jean-Luc Gadreau, ArtSpi’in. Jean-Luc Gadreau est pasteur, mais aussi musicien, auteur, membre du jury œcuménique du cinéma, ambassadeur du SEL, directeur de l’EBCAM (École Baptiste de Communication, Arts, Multimédia) et supporter du PSG.

Derniers contenus du partenaire