Les chants de table : approche biblique et spirituelle

Cet automne, les Éditions Mennonites ont publié un Dossier de la revue Christ Seul intitulé : À table ! 75 chants pour les repas. Le Dossier présente 75 chants de table, nouveaux et anciens, avec partitions.

08 Janvier 2013

 
« Bienheureuse la famille dont Jésus est l’hôte ordinaire ! Lui présent, les convives indésirables s’en vont : égoïsme, dispute, mauvaise humeur » (Paul Doumergue).
 
D’où vient l’idée de chants de table ? On peut rapprocher la pratique des chants de table de deux traditions. La première est lointaine. Au sein des communautés monastiques, la journée est rythmée par les temps d’office, c’est-à-dire les temps de prière, de chants et de méditation des Écritures, en communauté. Jusqu’à aujourd’hui dans les communautés monastiques, les moines ou les religieuses passent directement, et en silence, de la chapelle à la table - des chants en commun au repas partagé. Le repas en silence est alors l’occasion de repasser dans son cœur ce qui a été entendu ou chanté lors de l’office. Après la nourriture de la Parole vient la nourriture pour le corps. Dans cette logique, chant et table sont proches...
 
La Réforme radicale des anabaptistes au XVIème siècle est - selon certains - un “monachisme de substitution” : les anabaptistes ont cherché à vivre au quotidien, dans le monde, en famille souvent, le type de vie préconisé et vécu par les communautés monastiques. On pourrait dire que la pratique des chants de table est la version “laïcisée”, c’est-à-dire pour tout chrétien, de la séquence office-repas de la tradition monastique.
 
La seconde tradition de laquelle rapprocher la pratique des chants de table, ce sont les Réveils piétistes et revivalistes et leur influence sur la vie en famille. Avec le souci d’irriguer la vie du croyant aux eaux de la Parole de Dieu et de la prière, on s’est mis à pratiquer une sorte de “culte de famille”, avec prières et lectures de la Bible. On en trouve des traces, par exemple, au début du XIXème siècle dans les familles anabaptistes en France. Il est vrai que le chant semble ne pas avoir été pratiqué dans ce cadre à l’époque. La pratique actuelle des chants de table s’inscrit néanmoins dans cette logique de piété familiale. […]
 
Auteur : Michel Sommer
 
 
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jean pierre
rive
Il y a : 2 semaines 3 jours
sous reserve d un approfondissement la question suppose la reponse a plusieurs préalables:peut on repondre a une question unique pour "les religions";le christianisme ou plutôt "la foi chretienne" relevent ils de "la religion"concue comme un unique ensemble, divers certes, de paroles ,pratiques et rites; la foi chretienne n est peut etre pas de l ordre du religieux,mais comme le dit Hauerwas d une certaine ethique enracinée dans une vie orientée par la croix et la resurrection de jésus christ;sans succomber a ce qui fut une mode l areligiosité de la foi chretienne reste a mediter;ce qui ne s oppose pas a la priere a la celebration et a la liturgie;ensuite la mission (de service public)suppose que quelqu un "ENVOIE" ,le christ ou l etat;a quelle souveraineté ultime obéissons nous? alors OUI nous avons une mission de service public (notre foi ne se suffit pas de l intime )qui estde poser les signes imparfaits mais impératifs du royaume advenu parmi nous et en cours de manifestation
Claire
Bernole
Il y a : 3 semaines 9 heures
(2) Je m’appuie sur l’exemple que je connais le mieux, celui du christianisme. Jésus a nourri et guéri –y compris le jour du repos– mais il a aussi affirmé que l’homme ne vivrait pas de pain seulement. Il ne s’agit pas de prêcher la bonne parole à un ventre vide. Succès non garanti ! C’est la question de l’articulation entre aide matérielle et apport spirituel qui se pose. S’il est de bon ton d’être engagé dans des œuvres caritatives, on est en revanche rapidement taxé de "prosélyte" lorsqu’on parle de sa vie de foi. Il semblerait qu’entre un silence respectueux et une évangélisation agressive, il n’y ait pas de place pour un simple partage. Ainsi, il devenu bien plus problématique de parler de la mission d’évangélisation des églises que de leur mission de service public ! Ma conscience chrétienne me pousse à m’interroger : dans une culture où la tolérance est devenue une valeur suprême, comment assumer la mission spirituelle que me laisse Jésus tout en restant respectueuse d’autrui?