Les chants de table : approche biblique et spirituelle
Cet automne, les Éditions Mennonites ont publié un Dossier de la revue Christ Seul intitulé : À table ! 75 chants pour les repas. Le Dossier présente 75 chants de table, nouveaux et anciens, avec partitions.
« Bienheureuse la famille dont Jésus est l’hôte ordinaire ! Lui présent, les convives indésirables s’en vont : égoïsme, dispute, mauvaise humeur » (Paul Doumergue).
D’où vient l’idée de chants de table ? On peut rapprocher la pratique des chants de table de deux traditions. La première est lointaine. Au sein des communautés monastiques, la journée est rythmée par les temps d’office, c’est-à-dire les temps de prière, de chants et de méditation des Écritures, en communauté. Jusqu’à aujourd’hui dans les communautés monastiques, les moines ou les religieuses passent directement, et en silence, de la chapelle à la table - des chants en commun au repas partagé. Le repas en silence est alors l’occasion de repasser dans son cœur ce qui a été entendu ou chanté lors de l’office. Après la nourriture de la Parole vient la nourriture pour le corps. Dans cette logique, chant et table sont proches...
La Réforme radicale des anabaptistes au XVIème siècle est - selon certains - un “monachisme de substitution” : les anabaptistes ont cherché à vivre au quotidien, dans le monde, en famille souvent, le type de vie préconisé et vécu par les communautés monastiques. On pourrait dire que la pratique des chants de table est la version “laïcisée”, c’est-à-dire pour tout chrétien, de la séquence office-repas de la tradition monastique.
La seconde tradition de laquelle rapprocher la pratique des chants de table, ce sont les Réveils piétistes et revivalistes et leur influence sur la vie en famille. Avec le souci d’irriguer la vie du croyant aux eaux de la Parole de Dieu et de la prière, on s’est mis à pratiquer une sorte de “culte de famille”, avec prières et lectures de la Bible. On en trouve des traces, par exemple, au début du XIXème siècle dans les familles anabaptistes en France. Il est vrai que le chant semble ne pas avoir été pratiqué dans ce cadre à l’époque. La pratique actuelle des chants de table s’inscrit néanmoins dans cette logique de piété familiale. […]
Auteur : Michel Sommer
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