La famille de Jésus, vraiment un modèle?

La représentation traditionnelle de la Sainte Famille, si charmante et pleine de poésie, est conditionnée par une lecture des textes qui tend à normaliser l’enseignement et la pratique de Jésus selon les critères d’une société bien ordonnée.

28 Décembre 2012

Elle tend à estomper ses aspects problématiques. «Pensez-vous que ce soit la paix que je suis venu mettre sur la terre? Non, je vous le dis, mais plutôt la division. Car désormais, s’il y a cinq personnes dans une maison, elles seront divisées: trois contre deux et deux contre trois. On se divisera père contre fils et fils contre père, mère contre fille et fille contre mère», lit-on dans Luc et dans Matthieu. Les premières traditions n’ont pas caché à quel point l’adhésion à la parole de Jésus a ouvert des questionnements pour les modèles familiaux de l’époque. L’histoire du christianisme nous a peut-être trop habitués à trouver dans l’enseignement de Jésus la légitimation d’idées, de pratiques et de valeurs qui, en réalité, perpétuent des modèles sociaux, des systèmes éthiques et des relations de pouvoir. La référence à l’Evangile a servi souvent à absolutiser certaines formes de famille.
 
De nos jours encore, on pose volontiers l’équivalence entre famille chrétienne et famille comme il faut. Or Jésus et ses premiers disciples mènent une vie itinérante, séparés de leurs familles d’origine et constituant entre eux une nouvelle forme de famille: […]
 
Une réflexion de Enrico Norelli, professeur d’histoire des origines du christianisme à l’Université de Genève
 
Lire la suit : http://www.bonnenouvelle.ch/decembre-2012-janvier-2013/je-vais-y-reflech...

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jean pierre
rive
Il y a : 1 semaine 6 jours
sous reserve d un approfondissement la question suppose la reponse a plusieurs préalables:peut on repondre a une question unique pour "les religions";le christianisme ou plutôt "la foi chretienne" relevent ils de "la religion"concue comme un unique ensemble, divers certes, de paroles ,pratiques et rites; la foi chretienne n est peut etre pas de l ordre du religieux,mais comme le dit Hauerwas d une certaine ethique enracinée dans une vie orientée par la croix et la resurrection de jésus christ;sans succomber a ce qui fut une mode l areligiosité de la foi chretienne reste a mediter;ce qui ne s oppose pas a la priere a la celebration et a la liturgie;ensuite la mission (de service public)suppose que quelqu un "ENVOIE" ,le christ ou l etat;a quelle souveraineté ultime obéissons nous? alors OUI nous avons une mission de service public (notre foi ne se suffit pas de l intime )qui estde poser les signes imparfaits mais impératifs du royaume advenu parmi nous et en cours de manifestation
Claire
Bernole
Il y a : 2 semaines 3 jours
(2) Je m’appuie sur l’exemple que je connais le mieux, celui du christianisme. Jésus a nourri et guéri –y compris le jour du repos– mais il a aussi affirmé que l’homme ne vivrait pas de pain seulement. Il ne s’agit pas de prêcher la bonne parole à un ventre vide. Succès non garanti ! C’est la question de l’articulation entre aide matérielle et apport spirituel qui se pose. S’il est de bon ton d’être engagé dans des œuvres caritatives, on est en revanche rapidement taxé de "prosélyte" lorsqu’on parle de sa vie de foi. Il semblerait qu’entre un silence respectueux et une évangélisation agressive, il n’y ait pas de place pour un simple partage. Ainsi, il devenu bien plus problématique de parler de la mission d’évangélisation des églises que de leur mission de service public ! Ma conscience chrétienne me pousse à m’interroger : dans une culture où la tolérance est devenue une valeur suprême, comment assumer la mission spirituelle que me laisse Jésus tout en restant respectueuse d’autrui?