Au-delà de l’élan inspiré par l’Evangile : à la recherche d’une Realpolitik migratoire

Guy Béart « avouait être "de gauche" quand il méditait mais "de droite" quand il agissait » (AFP). J’ai tendance à vivre les mêmes tensions quand il s’agit de mettre en pratique les préceptes de l’Evangile. Notamment dans la crise récente, et pourtant si ancienne, dite des réfugiés.

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Publié le 12 octobre 2015

Auteur : Jürgen Grauling

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Lorsque je médite les paroles du Christ, tout semble évident, sans appel. L’amour du prochain, l’hospitalité sacrée, la règle d’or, lâcher ses richesses, Matthieu 25, le Bon Samaritain, la parabole du riche et de Lazare… y a-t-il même à discuter ?

La brutalité de la Hongrie de Victor Orbàn me répugne, les manipulations outrancières des intox de propagande brune – « marine » ou plus chienlit encore – également. Il est impossible de se barricader en prétendant que le malheur à notre porte ne nous concerne pas. Sans céder à la culpabilité malvenue (bien sûr que nos pays sont importateurs de pétrole et exportateurs d’armes, mais est-ce que cela explique tout ?), l’Europe occidentale d’après-guerre s’est construite sur des principes d’un humanisme plutôt généreux pour qui les accords de Vienne (pour les réfugiés de guerre) et l’asile politique sont importants.

Cependant, le chiffre avancé par le ministre de l’Intérieur allemand à la consonance toute huguenote, Thomas de Maizière, parlant de 800.000 réfugiés arrivant en Allemagne en 2015 (le vice-chancelier Gabriel a récemment corrigé en 1 Million), sans doute plus dans les années à venir, ce chiffre a de quoi donner le tournis. On peut supposer que pour une Allemagne en mal de natalité des « invités » plutôt bien formés sont une aubaine. Mais tout de même, je doute qu’un tel flot régulier puisse être absorbé et intégré. D’un autre côté, l’Europe doit-elle ainsi priver la Syrie de ses forces vives qui seraient appelées à reconstruire un pays en ruine après la chute hypothétique de Daesh et d’Assad ? Et les autres victimes et déplacés de guerres dans le monde, qui n’ont pas les moyens d’arriver jusqu’en Europe : Congolais, Erythréens, Libyens, les femmes, enfants et personnes âgées ? Car ceux qui arrivent actuellement, n’étaient pas tous en danger immédiat, bénéficiant déjà d’un statut de réfugiés en Turquie, au Liban ou en Jordanie, et ayant les moyens suffisants pour payer des passeurs, ils n’étaient donc pas les plus fragilisés.

Aussi réjouissantes qu’étaient les images d’un élan humanitaire sans égal – de simples citoyens qui se mobilisent pour offrir habits, matelas, jouets, temps – aussi aléatoires sont les suites. La spontanéité du Bon Samaritain, elle, pouvait se reposer sur des mains expertes entre lesquelles il laisse son prochain blessé dès le lendemain…
L’Allemagne de Merkel a-t-elle l’haleine suffisamment longue, les reins assez solides pour relever le défi posé par l’afflux massif et surtout l’intégration de ces réfugiés ? […]

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