Irak, le glas qui sonne la fin des mythes américains

Irak, le glas qui sonne la fin des mythes américains

L’Irak a été défiguré par la guerre, les États-Unis aussi. Une décennie après le début de l’opération « Liberté irakienne », l’Amérique fait le bilan de son intervention. Discrètement.

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Publié le 4 avril 2013

Auteur : Alexis Buisson

Le 9 avril 2003, square Firdos à Bagdad. Un jeune militaire américain place une corde autour du cou de la statue de Saddam Hussein, qui trône au milieu de la place. Tirée par un tank, elle finit par être déboulonnée de son socle. La foule se précipite, lui donnant des coups de pied. Image culte d’une guerre que les Américains pensaient gagnée.

L’Irak que Melvin Talbert a découvert moins d’un an plus tard était bien moins enthousiaste. En 2004, ce prêtre de l’United Methodist Church, l’Église de George W. Bush, s’est rendu dans le pays accompagné d’autres leaders religieux. Opposant notoire à la guerre, il y a découvert une population cassée, désillusionnée. « Ils répétaient que les Américains n’étaient venus que pour les réserves pétrolières, se souvient-il aujourd’hui. Cette guerre était immorale. Je l’ai dit à l’époque, je n’ai pas changé d’avis. »

Cette opinion, une écrasante majorité d’Américains la partagent aujourd’hui. Quelques chiffres : trois Américains sur quatre ont soutenu le retrait des troupes engagé par Barack Obama en 2009 et terminé deux ans plus tard, selon un sondage de l’institut Gallup en 2011. Selon un autre sondage, réalisé par ABC et le Washington Post, 58 % des Américains assurent que la guerre en Irak ne valait pas le coup, contre 34 % d’opinions inverses. Même les républicains, au sein desquels l’on enregistrait les plus forts taux de soutien à la guerre, se sont ravisés : de 91 % en 2003, la part des sondés favorables à l’envoi des troupes est passée à 57 % en 2013. « C’était un désastre, s’exclame Tom Andrews, un ancien élu démocrate qui dirige une coalition de groupes pacifistes nommée Win Without War. On a délibérément menti au peuple américain. La force militaire a été confrontée à ses limites. Et les États-Unis ont ignoré les instances de sécurité collective mises en place après la guerre. » […]

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