Allons z'enfants

Allons z’enfants

Un texte de Guy Bottinelli pour bien démarrer l'année.

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Publié le 5 janvier 2016

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S’il est un effet, guère évoqué, des événements tragiques qui ont marqué l’année écoulée, c’est bien le retour en grâce de la Marseillaise. Ce chant n’a pas été chanté aussi souvent qu’en cette « année de l’horreur » aux dires, en latin, de nombreux commentateurs. Dans un pays qui a mis du temps à en faire son hymne national, définitivement adopté en 1879, bien qu’écrit en 1792, il est utile de rappeler le contexte de sa création. En 1792 la Révolution française est en danger, encerclée par les puissances conservatrices européennes qui veulent en finir avec ce qui les menace. Une armée du Rhin composée à la va vite se dresse pour résister aux envahisseurs et fera de ces amateurs les vainqueurs de Valmy, la première victoire de la République. Elle fut soutenue par un hymne de combat aux relents sanguinaires composé par Rouget de l’Isle et proclamé par un bataillon de Marseillais accourus à la rescousse. . Mais c’est le refrain qui heurte un certain nombre de Français, par son allusion au « sang impur » dont l’ennemi à combattre serait porteur, et de dénoncer cette expression comme « raciste Ce n’est que 50 ans plus tard que furent élaborées par un diplomate français, Gobineau, ses thèses sur la supériorité de la race blanche, surtout nordique, dont le nazisme et bien d’autres idéologies s’inspirèrent largement. Point de racisme donc dans l’ardeur des vainqueurs de Valmy, à la différence de ce qui continue à sévir dans la tête de beaucoup d’Occidentaux.

Aujourd’hui, ils sont en présence d’une menace qui repose sur une idéologie mortifère déployée sur un terreau religieux (l’islam), social (le chômage), économique (le pétrole) et revanchard (le colonialisme). Daech s’est ainsi imposé en une dizaine d’années. Son but : éliminer les Occidentaux et leur civilisation, qualifiés pour les besoins de la cause d’infidèles et de mécréants, en étant peu regardants sur les moyens à employer. De ce fait, les vocables n’ont pas manqué chez nous pour stigmatiser les djihadistes, jusqu’à leur dénier la qualité d’êtres humains… De là à justifier les accents guerriers et le « sang impur » de la Marseillaise, il n’y a qu’un pas. […]

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