Certes, Réforme avait couvert la signature pour l’ouverture d’un couloir humanitaire. Certes, la réussite de l’accueil d’une famille de réfugiés dans ma commune me laissait penser qu’on pourrait recommencer l’opération, à condition de trouver les énergies nécessaires.

Mais, me sentant si impuissante face à cette tragédie, j’avais presque oublié la guerre. Et puis, le mot « chimique » a réveillé ma conscience et ma peur. Comme si l’utilisation de ce type d’armes était pire, dans nos imaginaires, que les bombardements.

Il faut dire qu’à Hô Chi Minh-Ville, au Vietnam, j’ai vu les dégâts monstrueux provoqués par l’agent orange déversé pour anéantir les forêts où se cachaient les Vietcongs. Les photos des bébés nés difformes bien des années après sont si insoutenables que je n’ai pas pu terminer la visite. […]