Le 24 avril 2013, le Rana Plaza, un immeuble de neuf étages abritant cinq ateliers de confection textile et employant plus de trois mille personnes s’effondre à Savar, dans la banlieue de Dacca au Bangladesh. Bilan : 1 127 morts.

Dans les décombres, des étiquettes de marques anglaises et françaises sont découvertes. Certaines démentent, d’autres reconnaissent leur présence. Dans l’Hexagone, chacun découvre sa responsabilité envers ces ouvriers du textile : consommateurs, entreprises multinationales, politiques… Pour François Dermange, professeur d’éthique à la faculté de théologie protestante de Genève et spécialiste des questions économiques, « la logique du marché ne retient comme informations pertinentes que le prix et la qualité et elle occulte le fait que derrière les produits que nous consommons il y a des gens. D’un point de vue éthique, consommer nous rend en partie responsables de leur situation ». […]