Donner ce qu’on n’a pas

La loi de l’Évangile défie celle de la logique. Elle est audace, déraison, folie. Et miracle. Le miracle de la fraternité.

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Publié le 10 mars 2016

Auteur : Corinne Egasse

Une foule de plusieurs milliers de personnes . Le lieu est désert et l’heure déjà tardive. Les disciples entendent les estomacs qui gargouillent et proposent une solution pragmatique, s’appuyant sur l’autonomie et l’individualisme : « Renvoie-les, suggèrent-ils à Jésus, pour qu’ils aillent s’acheter de quoi manger dans les villages des environs. »

Mais Jésus voit autre chose. Non pas des individus en pleine possession de leurs moyens et capables de se débrouiller par eux-mêmes, mais des « moutons sans berger », des êtres fragilisés, démunis, incapables de trouver leur pâturage. Il en est ému. Il capte ce besoin intime, silencieux, peut-être inconscient. Il trouve pour eux la bienfaisante herbe verte sur laquelle il les fait s’allonger , et il les repaît de son enseignement, si nourrissant, si diversifié, plein de chaque vitamine, de chaque oligoélément indispensable à la vie.

À ses disciples qui prônent un classique chacun-pour-soi, il donne un ordre de mission, de responsabilité, de fraternité : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ». Et pas par les moyens ordinaires proposés par le monde économique : inutile d’aller sur les marchés acheter du pain pour 200 deniers, le pain de Dieu ne s’achète pas avec nos deniers, pas même avec nos deniers du culte.

Le pain de Dieu, celui qui nourrit vraiment, jusqu’à satiété, trouve sa matière première dans nos propres ressources, celles que nous n’avons pas encore pensé à mobiliser, celles que nous avons peut-être oubliées, ou dont nous avons honte tellement elles semblent dérisoires. « Combien de pains avez-vous ? demande Jésus. Allez voir. » Aller voir, chercher, creuser, déterrer nos cinq pains et nos deux poissons, et les remettre dans les mains du Christ, qui va les bénir et… les rompre ! Les rompre, les briser, les émietter pour mieux les donner. Et chaque fraction offrira une vie pleine, démultipliée, aux hommes de la terre.

Tant qu’ils sont occupés à donner le pain, les disciples en ont à donner. Miraculeusement. Et ce faisant, ils sont eux-mêmes rassasiés. Miraculeusement.

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