Jésus à Jérusalem, un roi de la paix

Jésus à Jérusalem, un roi de la paix

Dans cette méditation (Luc, 19,28-40), Pierre de Mareuil, pasteur de la Fédération baptiste, s'intéresse à l'entrée du Christ à Jérusalem, célèbre passage des évangiles.

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Publié le 24 mars 2016

Auteur : Pierre de Mareuil

C’est à Jérusalem que se joue le drame. La parabole qui précède le prépare. Il se dessinait d’ailleurs tout au long du récit de l’évangile. Luc entretient en effet un rapport ambigu avec Jérusalem. Elle est avant tout la ville du Temple et de la Pâque, du rite et de la fête donc, mais où Jésus adolescent se perd pendant trois jours (2,22-52). Ensuite, elle est la contrée plus ou moins lointaine d’où viennent les foules pour écouter Jésus (6,17) mais aussi d’où viennent les pharisiens et autres religieux qui s’opposent à lui (5,17ss). Elle est surtout, à partir de la transfiguration, le lieu de l’accomplissement (9,30) vers lequel Jésus avance résolument mais qui, déjà, est signe de rejet (9,51ss). Cet accomplissement, il est de plus en plus clair qu’il passe par sa mort (13,33ss, 18,31ss). Pourtant sur le chemin de Jérusalem, Jésus sème la vie (17,11ss) et l’espérance du royaume (19,11).

Mais ici tout semble fête, joie, acclamation et louange. Et pourtant, le lecteur averti sait déjà, lui, ce qui se jouera au mont des Oliviers. Il comprend que Jésus, qui maîtrise la situation du début à la fin, sait où il va. Accueilli et acclamé comme un roi, il sait quelle est sa royauté, et, en attendant son trône en forme de croix, c’est un roi humble, monté sur un ânon, qui entre à Jérusalem. Ce n’est pas en conquérant qu’il entre dans la ville mais en roi de la paix pour Jérusalem et jusqu’aux extrémités de la terre (cf. Za. 9,9-10 d’où vient la référence à l’ânon). Une paix qui, dans la louange de la foule, prend des proportions cosmiques. Cette foule assoiffée de Dieu, que Luc affectionne particulièrement, il la transforme ici en « multitude des disciples ». Contrairement à Marc et Matthieu, qui marquent le contraste de la foule acclamant son roi et celle retournée par les leaders religieux hurlant à sa mort, Luc restera très discret sur son rôle dans la crucifixion. […]

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