La prière de Heidi

La prière de Heidi

Un chercheur genevois nous fait découvrir le trésor religieux caché dans l’œuvre de Johanna Spyri.

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Publié le 27 février 2015

Auteur : Vincent Volet

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Heidi, vous vous souvenez ? L’émerveillement d’une petite fille devant les montagnes majestueuses, sa joie à contempler et à cueillir les jolies fleurs, à jouer avec les chèvres sur l’alpe… Oui, mais ce n’est pas que cela. Avec le temps, on a oublié que la fillette appuyait sa joie de vivre sur une foi solide. Des éditions récentes ont même remplacé les cantiques et les psaumes tant aimés de la grand-mère par des chants militaires. Jean-Michel Wissmer, auteur d’un livre sur ce célèbre mythe suisse et éditeur de Johanna Spyri, ne s’en étonne plus. « Dès les premières éditions, les cantiques ont été réduits ou éliminés. Dans les versions pour enfants, ils n’existent pas. Ce faisant, on passe pourtant à côté de l’essentiel du message de Johanna Spyri. » Fille de la poétesse mystique de renom Meta Heusser-Schweizer, dont on chante encore les poèmes en Allemagne, et d’un médecin, l’auteur de Heidi vivait dans un milieu piétiste. Cette forme du protestantisme, à la fois rigoureuse et ouverte, a eu une grande influence depuis son apparition au XVIIe siècle.

Religion du cœur, proche de la nature et du romantisme, le piétisme idéalise l’enfance. « Ajoutez tout cela et vous avez Heidi », s’exclame le chercheur, qui vient de faire paraître une nouvelle édition de « Sans patrie »*, un livre de Spyri moins connu que « Heidi ». « C’est sans doute le meilleur livre de Johanna Spyri après ‹Heidi›, qu’il annonce, sous une forme inversée, relève le chercheur. Le héros est un petit garçon, Rico. Orphelin lui aussi, il vit en Engadine et s’ennuie de son Italie natale qu’il va partir retrouver. » Sa petite amie grisonne Stineli lui fera redécouvrir la foi qu’elle a elle-même reçue de sa grand-mère. « Les deux histoires suivent le même schéma, celui de la conversion des petits héros qui, un temps, ont oublié de prier. Heidi, en allemand, veut dire la païenne. » La théologie de Johanna Spyri apparaît dans presque tous ses ouvrages. Elle est simple et se fonde sur la confiance en Dieu et sur la prière. « Il faut toujours s’adresser à Dieu et le prier. Arrivera ce qui peut, mais ce sera toujours le mieux possible », explique Jean-Michel Wissmer. Heidi l’apprend d’abord de la grand-mère de Clara à Francfort, elle l’applique ensuite dans sa propre vie et la transmet à ses proches, comme à son grand-père déprimé.

Pour Heidi, une chose est certaine, Dieu finit toujours par arranger les choses au mieux. Il faut donc déposer devant lui nos problèmes, garder confiance et ne jamais se décourager. […]

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