Les dessous de l’espionnage américain

Les dessous de l’espionnage américain

Notre vulnérabilité est de plus en plus grande.

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Publié le 30 octobre 2013

Auteur : Philippe Kabongo-Mbaya

C’est un scandale  ! Le scandale d’une puissance arrogante, humiliante, amorale. Le scandale d’un énorme mensonge pratique inscrit dans les plus belles déclarations sur la démocratie et les valeurs que les États-Unis affirment promouvoir sur la planète. Scandale que l’on éprouve face à l’ampleur de notre sentiment d’impuissance et celui de l’insécurité, presque intime.

C’est tout le scandale des opérations illégales d’espionnage téléphonique et numérique de l’Agence nationale de sécurité (NSA) à l’égard des pays comme la France, l’Allemagne, l’Autriche, la Pologne ou la Belgique. Des pays amis ou alliés des États-Unis. Cela choque et interpelle. Un rappel s’impose.

La faiblesse totale – ici, être en permanence surveillé – et le sens du respect sont inextricablement liés. Ils participent d’un même mystère depuis la nuit des temps. Noé est nu (Genèse 9,18-23). À reculons, ses fils viennent le couvrir en attendant que le patriarche retrouve ses esprits et se prenne en charge lui-même. Ils auraient pu procéder autrement, en allant droit à l’essentiel, au nom de l’efficacité. Même au cœur d’une situation d’hostilité active, la vulnérabilité extrême de l’autre impose par elle-même des limites.

Les moyens et les fins

Saül dort, son arme plantée au sol, comme à l’abandon (I Samuel 24,5 ; 26,8-12). David s’approche, coupe un bout de la tunique du roi, prend son arme et sa cruche et s’en va d’où il est venu. Il aurait pu être expéditif. Non, il s’interdit cela. Ce faisant, il a montré qu’il existe des limites et que, même au front, on ne peut pas tout se permettre, sans embrasser la barbarie.

Tous les moyens ne justifient pas toutes les fins. Ce n’est pas Kant, en premier, qui nous l’a appris, mais ces scènes bibliques où l’on voit comment la vulnérabilité et le sacré participent d’une même vérité. Un éclairage dérisoire au regard des agissements de la NSA ! Peut-être.

Il n’empêche. Après Der Spiegel et The Guardian, Le Monde s’est penché en ce début de semaine sur le sort de la France et des Français à la suite des révélations d’Edward Snowden (photo). Un journaliste note  : « Les techniques utilisées pour ces interceptions apparaissent sous les codes DRTBOX et WHTEBOX. Leurs caractéristiques ne sont pas connues. Mais on sait que, grâce au premier code, 62,5 millions de données téléphoniques ont été collectées en France du 10 décembre 2012 au 8 janvier 2013 et que le second a permis d’enregistrer sur la même période 7,8 millions d’éléments.  » Tout cela un peu à l’aveuglette, plus clairement cependant en direction des milieux d’affaires, politiques ou de l’administration. Bien sûr, la principale cible restant tout ce qui de loin ou de près ressemble au terrorisme. […]

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