Se tourner vers l’autre

Se tourner vers l’autre

Pour la pasteure Marie-Odile Wilson, il est temps de sortir du chacun pour soi après les attentats du début d'année.

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Publié le 6 février 2015

Auteur : Marie-Odile Wilson

Qu’as-tu fait de ton frère ? Cette question m’accompagne ces derniers jours, chargée de la problématique de la responsabilité individuelle. Cette question, posée par Dieu à Caïn après qu’il a commis un fratricide, lui fait prendre la mesure, et pour nous avec lui, de ce que devrait être la fraternité. Cette dimension de sollicitude et de solidarité qui leur a manqué à tous les deux, à Caïn comme à Abel. Parce que, après tout, Caïn et Abel, ça a été chacun pour soi !

Et ce n’est donc qu’à la suite de cette interpellation de Dieu que s’ouvre un autre univers des relations possibles. Il a fallu, hélas, le sang versé pour que cette question soit posée, à voix haute.

Notons aussi que le criminel sera finalement marqué par le signe de la grâce du Seigneur, il sera ainsi protégé d’un possible meurtre sur sa personne. Malgré le crime, la vie reste possible, et Dieu montre explicitement qu’il souhaite que la vie continue, malgré tout !

Est-ce une fatalité que des humains frères et sœurs de même chair et de même sang vivent ainsi chacun pour soi, chacun sur son pré carré, jusqu’à finir par tellement s’ignorer, tellement se jalouser que cela explose dans le meurtre de l’un ou de l’autre ?

Qu’as-tu fait de ton frère ? C’est à chacun de nous, aujourd’hui, qu’elle s’adresse, cette question. Et des frères différents de nous par leurs modes de vie, leurs croyances, leurs rapports au monde, on peut en trouver de multiples, et il n’y a pas que les djihadistes pour ne pas partager notre façon de voir, et notre rêve pour le monde.

Héritage commun

Et si nous n’attendions pas l’interpellation divine pour nous la poser, cette question : qu’as-tu fait de ton frère ?

Qu’as-tu fait de ton frère quand tu t’es laissé enfermer dans des jugements à l’emporte-pièce ? Quand tu as décrété que telle ou telle catégorie de la population est indésirable, nuisible, dangereuse ? Quand tu t’es laissé gagner par les slogans du temps ? […]

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