Un livre sur le Notre Père

Un livre sur le Notre Père

Pour le pasteur et théologien Antoine Nouis, « il faut laisser Dieu être différent de ce que nous pensons de lui ».

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Publié le 10 juin 2015

Auteur : Matthieu Mégevand

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Pasteur et théologien, rédacteur en chef de Réforme, Antoine Nouis a publié dix articles sur le Notre Père, rassemblés récemment sous la forme d’un livre. Éclairages passionnants sur la prière, la paternité de Dieu, le pardon… et la nécessité de réinterpréter sans cesse les textes des Écritures.

Pourquoi un livre sur le Notre Père ?

Le Notre Père est évidemment un texte très commenté et je n’ai pas prétention à faire œuvre originale ; simplement, me servant de tous les commentaires que j’ai lus, et en y ajoutant ma patte personnelle, j’ai pu m’apercevoir que le Notre Père constituait une sorte de concentré de théologie et de spiritualité. C’est d’ailleurs ce que l’on trouve dans l’Évangile de Matthieu, lorsque Jésus dit « quand vous priez ne multipliez pas vos paroles mais dites le Notre Père » ; cela signifie d’une certaine manière que toute prière est récapitulée dans le Notre Père, et qu’il est important de proposer sans cesse des interprétations du texte.

A l’inverse de certaines théologies féministes, vous souhaitez conserver le terme « Père » qui renvoie à une image masculine de Dieu. Pourquoi ?

Derrière le mot « Père », je ne tiens pas tant à souligner l’aspect masculin que la paternité. Dans le registre symbolique, ce qui qualifie la paternité c’est l’adoption. Pour le dire de manière un peu caricaturale : lorsque l’enfant naît, la mère est « naturellement » mère puisqu’elle possède un lien physique depuis des mois avec le nouveau-né, par contre pour le père il s’agit de choisir de devenir ou pas le père de cet enfant. Je ne suis donc pas contre féminiser Dieu mais contre le materniser. Maintenir la notion de « Père », c’est maintenir la notion d’adoption et donc d’alliance, qui relève d’un choix de Dieu qui s’associe à son peuple, qui choisit l’humanité, et que la notion de paternité symbolise bien je trouve. Dans les Écritures, on trouve des versets qui évoquent plus la figure maternelle, et nous devons colorer la notion de paternité de ces symboles de miséricorde, de soin, mais sans l’abandonner.

A propos de la phrase « Que ton nom soit sanctifié », vous évoquez l’idée qu’il faut laisser Dieu être toujours autre que ce que nous en disons…

Le principe premier que je vois derrière cette phrase, c’est le commandement « tu ne feras pas d’idole ». Une idole renferme à mon sens nos représentations projetées et fermées de Dieu. Pourtant, il faut laisser Dieu être différent de ce que nous pensons de lui. L’enfermer dans notre Église, dans notre théologie, dans notre expérience est une tentation constante. Or, il me semble que la notion de « sanctification » du nom de Dieu signifie laisser Dieu être Dieu et le détacher de nos représentations. Cela correspond à une théologie et à une spiritualité qui tentent de rester ouvertes. […]

Photo : © Eric Roset

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