Ingrid Brunstein, un si lourd passé

Ingrid Brunstein, un si lourd passé

Ingrid Brunstein est une Kriegskind, enfant de la guerre. Elle fait partie d'une génération innocente qui, en Allemagne, porte la culpabilité de son époque. Antoine Nouis l'a rencontrée.

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Publié le 27 janvier 2015

Auteur : Antoine Nouis

« Kriegskinder », enfants de la guerre, un mot devenu courant en Allemagne pour désigner la génération qui est née dans les années 30. Une génération innocente qui porte la culpabilité de son époque.

Ingrid Brunstein est une Kriegskind. Née en 1937, elle a vécu les bombardements, elle a été réfugiée, elle a connu la faim et le dénuement. Son père était militaire, officier de la Wehrmacht en Europe de l’Est. Un homme qui aimait la discipline et qui transmettait à ses enfants sa propre confession de foi qui se résumait en trois mots : « Devoir. Obéissance. Discipline. » Après avoir suivi attentivement les travaux des historiens sur les crimes de la Wehrmacht en Ukraine et en Biélorussie, elle pense que son père a participé à des massacres : « Les photos montrent les soldats allemands auteurs de crimes. Tous ressemblent à mon père. Je le vois partout. » De la guerre, il n’a jamais parlé, elle se souvient seulement que parfois, la nuit, il faisait des cauchemars et se réveillait en criant.

Maintenant que ses parents sont décédés, Ingrid a décidé de prendre la parole, de raconter, pour briser le trop pesant silence. Elle est le témoin de sa génération : « Lorsque je me retrouve avec des Allemands de mon âge, très vite, on ne parle que de ce qu’on a vécu pendant la guerre, comme si on avait des années de silence à rattraper. Ça devient obsessionnel, presque compulsif. Nous avons besoin de nous libérer de la culpabilité d’événements dont nous ne sommes pas coupables. Je sais que les épreuves que nous avons traversées ne sont rien par rapport à celles des juifs, mais nous avons besoin de les dire. ». […]

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