« J’ai voulu corriger la Bible »

Pour son nouvel album, « Les douze femmes de Frankee Vee », le chanteur vaudois François Vé s'est plongé dans ses racines protestantes. Empreint de féminisme, il parle de croyance, d'amour et de Luther.

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Publié le 27 août 2016

Auteur : Stéphanie Billeter

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Votre précédent album est né de votre tour du monde à vélo. Après le voyage physique, vous vous lancez dans un voyage intérieur ?

François Vé : J’ai déposé l’album du voyage pour rebondir ailleurs et me plonger dans une réflexion sur mes racines, celles du canton de Vaud où je suis né et son protestantisme, imposé avec l’arrivée des Bernois. Les Vaudois n’ont rien décidé. On aurait donc pu être catholiques. Cela me fascine et relativise beaucoup l’idéalisation de la croyance, de la Bible, de la foi.

Avez-vous travaillé le sujet ?

Travaillé pas… depuis que j’ai découvert que le mot travailler vient de « trepalium », un instrument de torture du Moyen Age, j’ai enlevé ce mot de mon vocabulaire. Il y a toujours une histoire d’énergie derrière les mots qu’on utilise. En fait, je me suis mis à relire la Bible dans l’idée de la corriger !

Y êtes-vous parvenu ?

J’ai fait quinze pages et je me suis arrêté ! Je trouve fascinant comme un livre a pu se construire. Il y a peu de poésie, le texte est linéaire et brut, mais sujet à plein d’interprétations. C’est ce qui fait qu’il a traversé le temps. Pour cet album, je suis parti sur un côté burlesque : décaler le propos, aller à l’encontre de la pudeur du protestantisme. Je me suis inspiré de la Cène de Léonard de Vinci, en imaginant des femmes apôtres, qui sont les douze femmes du titre. Je me suis demandé ce qu’aurait été un Jésus au féminin.

Etes-vous croyant ?

Je ne pense pas être croyant dans le sens du lien à l’Eglise, car j’aime me sentir détaché de toute appartenance. Mais il y a un côté mystique chez moi.

Vous avez eu une éducation protestante ?

J’ai grandi dans une famille protestante, j’allais au culte avec ma maman, mais ce n’était pas une obligation.[…]

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