« Je retourne dans le lieu secret pour me ressourcer »

« Je retourne dans le lieu secret pour me ressourcer »

Matt Marvane a d’abord été pasteur avant de faire de la musique sa vie. A moins que ce ne soit l’inverse… Fin 2015, il a reçu un Angel Music Award pour son album « Noirs et blancs ».

Un contenu proposé par Signes des Temps

Publié le 20 janvier 2016

Auteur : Claire Bernole

Vous avez choisi de mettre entre parenthèses le pastorat pour vous consacrer à la musique. Est-ce à dire que la chanson vous permet de vous exprimer plus librement ?

Pour moi, l’un est dans la continuité de l’autre. J’ai toujours fait de la musique. Déjà très jeune, je jouais du piano et je chantais à l’église. J’avais même créé une chorale gospel.
En 2004, quand je suis revenu en France après deux ans d’étude de théologie en Angleterre, nous avons créé une association, avec des copains, pour faire de la musique chrétienne. Nous avons beaucoup tourné ensemble, tout en exerçant pour ma part le ministère pastoral.
Puis j’ai eu la possibilité de sortir un album en solo, avec My major company, mais je suis toujours attaché à mon côté pastoral. Il m’arrive très régulièrement de prêcher, y compris dans mon église, à Dijon.
Je ne scinde jamais les deux univers, car aussi bien la musique que le pastorat sont inscrits dans ma vie. Tantôt l’un, tantôt l’autre prend un peu plus de visibilité.

Est-ce la musique qui nourrit votre relation à Dieu ou votre relation à Dieu qui nourrit votre musique ?

De ma relation avec Dieu découle beaucoup de choses, et notamment la musique. Le simple fait de jouer de mon instrument, de chanter librement ma louange à Dieu est un moyen de m’exprimer et de lui rendre gloire. Il y a vraiment un échange. C’est le mécanisme d’une relation personnelle : ça vient de l’un et de l’autre. Je puise dans ma relation à Dieu ce dont j’ai besoin et j’ai cette possibilité de m’exprimer avec naturel à travers ma musique.

Vous arrive-t-il de chanter seul ou en petit comité, avec votre famille par exemple ?

Je le fais tous les jours. L’expression en public est la continuité de ce qui se passe dans le privé. Au départ, ce n’est pas quelque chose que j’ai cherché à montrer. Mais c’est un privilège, une grâce, que cela aille au-delà ma chambre à coucher. Evidemment, on pourrait glisser dans la facilité… Mais si je ne retournais pas dans le lieu secret pour me ressourcer, cela se ressentirait très vite auprès de mon public !

La chanson phare de votre dernier album, « Noirs et blancs », affirme que « l’homme n’a pas de couleur mais de la valeur ». Le clip inclut même des extraits d’archives montrant Martin Luther King. Est-ce que l’égalité n’est pas acquise, même dans l’église ?

C’est un sujet plus que brûlant encore aujourd’hui, malheureusement. Avec la montée des extrêmes, il est nécessaire de se rappeler, même en France, qu’un être humain est un être humain. L’évangile de Jean dit que « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique ». Il n’a pas tant aimé la France ou l’Europe mais le monde, et il est toujours bon de se le rappeler. Le combat de Martin Luther King a à peine une cinquantaine d’années. C’est tellement proche ! Quand je relis ses écrits, je retrouve les mêmes problèmes qu’aujourd’hui car l’être humain a ses faiblesses.

Vous lisez Martin Luther King ?

Oui, c’est une de mes grandes influences. Il a su parler au monde avec un message violent d’amour – et non violent au sens où on l’entend communément. C’est un exemple de persévérance, d’amour.

La justice, l’amour mais aussi l’espérance reviennent fréquemment dans vos chansons…

J’ai besoin d’espoir pour vivre. Si on accepte l’obscurité autour de soi, on n’avance plus, on s’apitoie sur son sort, alors qu’on a besoin de se projeter. On a besoin de prendre de la hauteur, de croire en l’avenir, sinon tout s’arrête.

Pensez-vous transmettre quelque chose de cet ordre-là à travers vos chansons ?

Je souhaite que les gens qui m’écoutent, à travers mes textes et ma musique, puissent reprendre goût à la vie, reprendre espoir. L’objectif est toujours de laisser de l’espoir à travers ce que je communique.

Plus d’infos et l’album sur : mattmarvane.com

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