“La culture est notre atout maître”

“La culture est notre atout maître”

Jean-Claude Carrière, écrivain et scénariste, a parcouru le monde en restant très attaché à ses racines. Il porte un regard optimiste sur l’avenir de la France et de l’Europe.

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Publié le 18 juillet 2014

Auteur : Frédérick Casadesus

Quel regard portez-vous sur la France d’aujourd’hui ?

Je n’ai pas d’« a priori », d’opinion toute faite : un jour je suis comme ceci, un jour je suis comme cela, je regarde le monde autour de moi.

Les deux questions fondamentales que nous pouvons nous poser sont : « Qu’est-ce qui reste de français en France ? » et : « Est-ce que la France de demain sera la même que celle que nous connaissons ? » Pour ma part, je suis né, j’ai grandi, dans une France essentiellement rurale : une terre assez riche, produisant des céréales, des fruits, des fleurs et de très bon vins. J’ai vu mourir cette petite agriculture : durant les années cinquante, le village où j’ai vécu mon enfance nourrissait cinq cents personnes de la terre, il ne compte plus aujourd’hui la moindre parcelle cultivée.

Si je veux être précis, je dois ajouter que cette France rurale avait été déjà supplantée par les activités industrielles et techniques. Or, j’ai vu cette nation de filatures et d’usines – métallurgiques ou sidérurgiques, d’automobiles – à son tour abattue. J’ai assisté aux délocalisations, mises en œuvre par des chefs d’entreprise pressés de trouver, ailleurs, une main-d’œuvre moins chère.

Je me demande si ce qui demeure n’est pas la France idéologique, la « patrie des droits de l’homme ». Encore a-t-elle bougé, elle aussi, cette France qui rayonne dans l’inconscient collectif de nos concitoyens. Quand j’observe le déclin, évident, de la vie politique (quel que soit le côté vers lequel on se tourne), je suis bien obligé d’en déduire que le pouvoir se voit imposer des limites drastiques. Un chef d’État, de nos jours, agit moins sur le cours des choses que Louis XIV en son temps.
Dans ce contexte, peut-on dire que vous incarnez l’alliance, rare aujourd’hui, de la fidélité à un terroir et de l’ouverture au monde ?

Nous avançons vers un monde métissé. Cette perspective ne m’inquiète pas, puisque j’ai toujours vécu au milieu de multiples cultures : mon épouse est iranienne et ma première femme, hélas décédée, était protestante ; c’est dire que j’ai pris des risques… Toute plaisanterie mise à part, je suis convaincu que le métissage est inévitable et qu’il est vain de vouloir s’y opposer.

Mais j’ai toujours la possibilité de vivre dans la maison où je suis né. Toute ma vie, j’ai ressenti cet appui derrière moi. Bénéficier de la région de ma jeunesse m’a permis de voyager, de vivre loin. […]

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