Là où le sacré s’illumine

Là où le sacré s’illumine

L’émotion dégagée par les vitraux des églises de Romont en font sa renommée. Valérie Sauterel et Astrid Kaiser, historiennes de l’art au Vitrocentre de Romont, reviennent sur cet engouement artistique pour le verre coloré.

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Publié le 15 octobre 2016

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Au détour d’un chemin dans la campagne de Romont, si vous croisez une église, poussez ses portes et laissez-vous surprendre par la lumière de ses vitraux. Etonnement, contemplation, de ces vitraux naît l’émotion, jamais l’indifférence. La région en est remplie. A Romont, l’art sacré a su se renouveler. A partir des années 1840, de grandes campagnes de restauration des sanctuaires du Moyen Age sont lancées en Europe.

On redécouvre le vitrail, dont le style historiciste néogothique va prédominer dans le dernier quart du XIXe siècle, avec des figures de saints solennels. A la fin du siècle, c’est un jeune artiste polonais de 25 ans qui donne une nouvelle couleur. « En 1895, Józef Mehoffer gagne le concours lancé par la Confrérie du Saint-Sacrement. Il crée alors les vitraux de la cathédrale Saint-Nicolas à Fribourg, dans un style Art nouveau. Le style est narratif, les saints dégagent beaucoup d’émotion. Le corps s’exprime. Le rapport avec le spectateur est autre.

L’artiste s’inscrit alors en rupture avec ce qui se fait à l’époque », commente Valérie Sauterel, historienne de l’art. Le jeune artiste mettra quarante et un ans à produire l’intégralité de son œuvre, réalisée avec le jeune atelier verrier fribourgeois Kirsch et Fleckner. Si les vitraux font polémique au sein de l’Eglise catholique, leur importance sera internationale et ils bouleversent les artistes, à l’image du peintre suisse Alexandre Cingria, qui crée en 1919 le groupe de Saint-Luc, à Genève. […]

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