Peu connu, Alexandre Lombard fait partie de ces nombreux laïcs qui s’engagent vigoureusement pour leurs convictions sans pour autant avoir une tâche pastorale. Banquier genevois, le combat qu’il mène peut sembler assez original puisqu’il plaide en faveur de la sanctification du dimanche, pour des raisons religieuses mais aussi sociales. Sa démarche militante lui vaudra d’ailleurs de recevoir le sobriquet de  « Lombard-Dimanche ».

Quatrième de cinq enfants, Alexandre-Étienne Lombard est né en 1810 à Genève. D’origine italienne et liée au mouvement vaudois, sa famille a fui les persécutions religieuses et s’est réfugiée en Suisse à la fin du XVIe siècle. Malgré l’exil, les affaires vont rapidement prospérer et, en 1798, son père se lance dans le milieu de la finance en fondant un établissement bancaire.

Le jeune Alexandre marche alors sur ses pas. Il étudie dans les bonnes écoles de Genève puis poursuit par un apprentissage en commerce. Celui-ci le conduit jusqu’en Angleterre où il passe toute l’année 1832. Le choix de Liverpool n’est pas anodin. La ville est un nœud stratégique dans les relations avec les États-Unis et, en s’orientant vers les pays anglo-saxons, la banque familiale souhaite sortir de sa trop grande dépendance à l’égard des affaires françaises. […]