Bien qu’il ait été court, le ministère de Félix Neff n’en a pas moins été retentissant. Marqué par un fort ancrage dans les Hautes-Alpes, il a été au bénéfice des populations locales qui ont su lui témoigner en retour leur reconnaissance dans une lettre qu’elles lui ont adressé peu avant qu’il ne décède : « Si nous avions été plus prompts à croire en Dieu, vous n’auriez pas eu besoin de vous fatiguer tant dans les neiges… Si notre sang vous était utile, nous vous le donnerions, et nous ne ferions pas plus pour vous que vous n’avez fait pour nous. »

Félix Neff est né en 1797 à Genève au sein d’un contexte familial difficile. Abandonné par son père, c’est sa mère qui va l’élever. Se considérant davantage déiste que chrétienne, elle le fera néanmoins baptiser peu de temps après sa naissance. Pour faire face aux difficultés financières, le jeune Félix va rapidement quitter l’école et être placé comme apprenti chez un jardinier. Puis, à l’âge de 17 ans, il s’engage dans l’armée comme artilleur.

Quelques temps plus tard, Félix Neff et sa Garde sont envoyés protéger de la population mécontente les membres d’une Église issue du Réveil. Seulement, il ne semble pas partager les vues de ces réformateurs et il s’offusque de ce que l’on veuille les défendre. Plantant son sabre dans le sol, il aurait déclaré : « Je le plongerai dans le cœur du premier qui prendra la défense de ces misérables. » […]