Quand le cinéma de science-fiction parle de salut

Quand le cinéma de science-fiction parle de salut

La science-fiction est un genre propice à la réflexion métaphysique et les thèmes qu’elle aborde offrent souvent des parallèles intéressants avec des thématiques chères à l’Évangile.

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Publié le 2 novembre 2015

Auteur : Vincent Miéville

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A l’occasion de la sortie, le 21 octobre, du dernier film de Ridley Scott, Seul sur Mars, il est intéressant de porter un regard croisé avec deux autres films récents qui partagent le même genre hard science (un sous-genre de la science-fiction qui s’attache à être le plus réaliste possible du point de vue scientifique) : Gravity et Interstellar. En effet, ces trois long-métrages, spectaculaires et passionnants, nous parlent de salut. Mais avec des regards très différents.

Seul sur Mars raconte la façon dont un astronaute, laissé pour mort sur Mars lors d’une évacuation d’urgence mais en réalité en vie, arrive à faire preuve d’ingéniosité pour survivre sur une planète hostile, et à trouver le moyen de contacter la Terre pour envisager la possibilité d’être sauvé (ma critique du film). Seul sur Mars, c’est le salut par la science, grâce au génie humain et au dévouement de quelques héros. Tout est rationnel, voire rationaliste. La dimension religieuse est pratiquement absente du film, à part une ou deux très faibles allusions. Le fait que le héros utilise un crucifix en bois d’un des membres de l’équipage, pour le brûler afin de produire de l’eau est d’ailleurs intéressant à cet égard…

Gravity évoque le retour sur terre d’une astronaute qui se retrouve seule dans l’espace après un accident qui a détruit la navette spatiale dans laquelle elle se trouvait et tué le reste de l’équipage. Le film, lui aussi très spectaculaire et réaliste, use de nombreux symboles visuels pour évoquer la mort ou la naissance. Il met aussi en parallèle à la détresse physique de l’héroïne, une détresse existentielle personnelle, liée à un traumatisme familial, que cet épisode lui permettra de surmonter. La dimension spirituelle y a sa place. Je pense notamment à une scène très forte du film qui montre l’astronaute, n’ayant plus aucun espoir de survivre et se voyant mourir, en pleine détresse face à l’imminence de sa mort et se lamentant qu’on ne lui ait jamais appris à prier.

Interstellar est celui des trois films qui a le propos le plus explicitement métaphysique. C’est d’ailleurs cet aspect qui a valu au film ses critiques les plus négatives, et j’avoue moi-même avoir été perplexe après le premier visionnage. Mon avis a évolué et toutes mes réserves sont aujourd’hui tombées pour ce film que je considère comme un vrai chef-d’œuvre. […]

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