Voyager au 1er siècle après Jésus Christ

Voyager au 1er siècle après Jésus Christ

Voyageur infatigable, Paul a très largement profité des conditions exceptionnelles que l'Empire Romain offrait à son époque

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Publié le 10 juillet 2013

Auteur : Adrián Calvo-Valderrama

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Depuis l’avènement de l’Empereur Auguste (31 av Jésus-Christ), l’Empire romain a joui de ce qu’on appelle la Pax Romana. Depuis la Gaule jusqu’en Égypte, les frontières et les peuples étaient contrôlés avec une poigne de fer grâce aux légions impériales et à la puissante administration romaine. Des voies de communication entretenues et surveillées assuraient la centralisation du pouvoir. Cette période de calme politique et militaire très propice aux voyages s’est prolongée pendant tout le premier siècle.

Les routes

Étudiants se rendant en Grèce, commerçants, hommes du gouvernement inspectant leurs territoires, gens de lettres, malades en pèlerinage vers les sanctuaires guérisseurs d’Asclépios ou de Pergame, sportifs en route vers les jeux d’Olympie, artisans, militaires… tous ont pu profiter au premier siècle du magnifique réseau routier.

Le roi Agrippa, vassal de l’empereur Auguste, avait mis en place le Cursus publicus, un réseau de relais de postes militaires. Les voyageurs pouvaient s’y arrêter tous les 25 milles pour s’y restaurer, changer de montures et passer la nuit. On pense même que les voyageurs disposaient dans ces relais d’informations sur l’accueil et les services touristiques offerts en chemin! En analysant les itinéraires de Paul, on constate qu’il suivait souvent les itinéraires classiques jalonnés de relais de poste.

La mer

Paul a cependant privilégié le transport maritime, gage de rapidité et de sécurité. En effet, il y avait bien moins de risques de piraterie en mer que de brigandage sur les routes. Il lui fallait vraiment une raison particulière pour l’obliger à voyager par terre. La mer Méditerranée était de loin le meilleur moyen de voyager : par temps favorable, un navire mettait une journée pour faire 130 km, ou 2 jours pour 200 km.

Mais ce mode de transport comportait un inconvénient majeur: le « Mare Closum ». Du 15 septembre au 25 mars, on évitait de prendre la mer par peur des tempêtes, violentes et imprévisibles en Méditerranée pendant cette saison.

D’ailleurs, le prisonnier Paul a vécu un épisode dramatique à ce sujet. Le centurion Julius qui venait de l’arrêter ne désirait pas le surveiller pendant tout l’hiver. Il a donc profité du départ d’un bateau pour l’Italie pour y faire convoyer Paul à Rome pour son jugement. Hélas, c’était en début septembre. Comme Paul l’en avait averti, le bateau a fait naufrage. Il a fallu une intervention divine et tout le sang froid de Paul pour que l’équipage et les 276 passagers s’en sortent sains et saufs !

L’argent

L’empire romain savait que pour voyager, il faut de l’argent. Il avait donc installé un service de banques particulièrement efficace. On constate que les itinéraires de Paul ont toujours fait étape dans de grandes places financières : les monnaies romaines y étaient facilement convertibles en devises locales. Le gouverneur de Rome avait ouvert de grands centres bancaires, notamment en Macédoine, octroyant à des villes, comme Philippes, le droit de frapper leur propre monnaie. Grâce à ce système bancaire stable, Paul a pu recevoir lui-même des fonds. Il en a aussi fait acheminer à Jérusalem dans un moment de famine. […]

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