William Wilberforce. Toute une vie contre l’esclavage.

William Wilberforce. Toute une vie contre l’esclavage.

Le combat semblait perdu d’avance. Wilberforce y a consacré toute sa vie… pour finalement le remporter.

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Publié le 25 mars 2015

Auteur : Adrián Calvo-Valderrama

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William Wilberforce naît en 1759. À 9 ans, son père décède et il est confié à sa tante, une chrétienne convaincue. Devenu étudiant de la prestigieuse université anglaise de Cambridge, il y mène, selon ses propres dires, une vie dissolue jusqu’à ce qu’il vive une conversion radicale à l’Évangile grâce à son ami Isaac Milner.

Naissance d’une vocation

Peu de temps après, en proie aux doutes, il rencontre John Newton, un ancien négrier devenu évangéliste. L’horreur des récits de Newton change son existence à tel point que toute sa vie va devenir un combat contre la traite négrière et l’esclavage. Devenu député, c’est dans la sphère politique qu’il va le mener.

Cette tâche s’annonçait incroyablement difficile. Il lui fallait lutter contre l’opposition de ses confrères du Parlement et faire face à l’indifférence ou aux railleries de ses concitoyens. On l’accusait de se préoccuper de la misère outremer mais de délaisser les nécessiteux de Londres. Plusieurs fois, il a reçu des menaces de mort.

Comme David contre Goliath

Sa campagne pour l’abolition de l’esclavage contrariait en effet les intérêts financiers des riches planteurs américains en particulier, et de l’empire britannique en général. Il faut savoir que l’industrie sucrière était basée sur la traite des nègres. Elle fournissait richesses et emplois aux ports, chantiers navals, armateurs et négociants. Les Indes occidentales menaçaient même de faire sécession si une telle loi était promulguée.

Pour mener à bien ce rude combat, William Wilberforce a su s’entourer. Il en avait d’autant plus besoin qu’il n’avait pas la possibilité d’aller lui-même sur le terrain et d’être ainsi directement témoin des traitements inhumains infligés aux esclaves. Malgré leurs positions divergentes, le Premier ministre Pitt était l’un de ses amis. De l’avis de tous, William Wilberforce était un orateur exceptionnel, un homme d’esprit avec un grand sens de l’humour.

Un combat qui en entraîne d’autres

Sa ténacité a payé : après onze projets de lois successivement repoussés, la traite est abolie en 1807 dans l’Empire.

Cependant, le combat n’était pas fini pour lui avec cette seule loi. Seul le commerce des esclaves était aboli. L’asservissement des travailleurs esclaves sévissait toujours. Pendant 26 autres années, il a donc harangué le Parlement à chaque session. Mais, tombé malade, il a dû démissionner. Toute autre personne aurait abandonné. Pas lui puisqu’il a continué le combat pendant ses longs mois de maladie en écrivant sans relâche. Finalement, c’est sur son lit de mort, en 1823, qu’on lui apporte le Slavery Abolition Act qui abolissait l’esclavage dans l’Empire britannique.

Wilberforce a ainsi attendu 20 années pour voir la traite interdite puis près de 20 autres pour que l’esclavage lui-même soit aboli. Enfin, son travail avait abouti et ses prières étaient exaucées.

Une décision qui fait tache d’huile

Sous l’impulsion de Wilberforce, l’Angleterre a été la première nation à abolir l’esclavage et la traite. À partir de ce moment, la marine anglaise a sillonné l’Océan Atlantique, entre l’Afrique et l’Amérique, pour intercepter les bateaux négriers.

C’est de guerre lasse, après de nombreuses révoltes d’esclaves et le déclin de l’industrie sucrière que les autres nations européennes ont finalement emboité le pas à l’Angleterre.

Aux États-Unis, il a fallu attendre 1865, après la guerre de Sécession, pour que cette libération devienne définitive.

Dans son livre, A Practical View of Christianity, Wilberforce écrivait : « aucun homme et, en particulier, aucun chrétien n’a le droit de ne rien faire ». Il en a été l’exemple toute sa vie. Son combat ne s’est d’ailleurs pas arrêté là. En effet, il a apporté son soutien à d’autres causes, en particulier celle de la lutte contre le vice et l’immoralité, une lutte aussi peu populaire que celle qu’il a menée contre l’esclavage.

Avec bien des chrétiens de son époque, Wilberforce a cherché à améliorer les conditions de vie de ses concitoyens. La Bible, source de son inspiration, ne dit-elle pas : « La foi sans les œuvres est morte » ?

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