Centrafrique : “Nous sommes dans la fournaise”

Centrafrique : “Nous sommes dans la fournaise”

Violence quotidienne, survie au milieu des groupes armés qui peuvent attaquer à tout moment sous le regard de forces internationales passives : un témoignage frappant du calvaire que vit la population centrafricaine.

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Publié le 3 novembre 2014

Auteur : Franck Lefebvre-Billiez

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Jusqu’au dernier moment, Ferdinand Bombayaké et Brigitte Oundagnon n’étaient pas certains de pouvoir prendre l’avion pour le Sénégal. Lui est le président du conseil presbytéral de l’Eglise protestante Christ-roi de Centrafrique (EPCRC), à Bangui ; elle est déléguée de son Église à la huitième AG de la Cevaa et épouse du vice-président de l’EPCRC, Bertin Oundagnon. Tous deux devaient porter des nouvelles de leur Eglise à l’Assemblée Générale de Saly, sur la côte sénégalaise. Mais quelques jours avant leur départ, les rues de Bangui se sont remplies de barrages.

La tension permanente qui règne dans la capitale centrafricaine entre groupes rivaux se réclamant qui des ex-Séléka, qui des anti-balaka, et qui tous rançonnent la population, avait de nouveau connu un pic de violences. Sur fond d’appels à la démission de la présidente Catherine Samba-Panza, de plus en plus contestée, des groupes d’anti-balaka avaient investi les rues ; pendant plusieurs jours, des tirs ont retenti dans plusieurs quartiers de Bangui, entre pillages, accrochages et représailles entre groupes rivaux. Une patrouille de la Minusca (Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République Centrafricaine) a même été prise dans une embuscade qui a fait un mort et neuf blessés, dont un grave.

Ferdinand Bombayaké et Brigitte Oundagnon ont finalement pu prendre l’avion. Les barricades qui rendaient impraticable la route de l’aéroport avaient été démantelées. Ils sont arrivés, avec quelques jours de retard, à l’Assemblée Générale de la Cevaa, à Saly. Ils ont témoigné des souffrances quotidiennes de leur Eglise et, au-delà, de tous les Centrafricains. […]

Photo © Cevaa

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