solidarités

À Madagascar, pour l’avenir des enfants

Dans un village en banlieue de la capitale malgache Tananarive, l’association Akany Tia Zaza encourage les enfants et leurs familles.

Un contenu proposé par Le Nouveau Messager

Publié le 24 mars 2022

Auteur : Claire Gandanger

En 2018, la nouvelle équipe de moniteurs de l’école du dimanche de l’Église réformée d’Ilafy, en périphérie de la capitale malgache Tananarive, se présente aux familles des enfants de ce village rural. « Ça a été un véritable choc de découvrir la précarité dans laquelle ils vivent », se souvient Fara Radjerisoa-Robson, employée d’une organisation internationale. « Les gens ne se plaignent pas, mais leur misère se voit. Un enfant m’a confié qu’il ne pouvait pas venir le dimanche parce que sa seule tenue n’avait pas séché des pluies de la veille », rapporte-t-elle. « Des enfants de 14 ans font la même taille que mon fils de huit ans. Dans les milieux pauvres, la faim s’est banalisée. Les enfants font un repas par jour, voire tous les deux jours. Ils tremblent de froid l’hiver. » À Madagascar, plus de trois personnes sur quatre vivent sous le seuil de pauvreté.

Les moniteurs décident de créer leur association « pour appuyer ces enfants dans ce que leurs parents ne peuvent pas leur offrir pour le moment ». Ils la nomment Akany Tia Zaza, « le foyer qui aime les enfants ». « Ici, les moyens n’arrivent pas jusqu’aux services publics », explique sa coordinatrice opérationnelle. « Les gens fuient les hôpitaux, car la facture n’est pas connue à l’avance. Souvent les parents doivent se cotiser pour payer les professeurs qui ne perçoivent pas leurs salaires. » Dans ces conditions, l’éducation est fragile et les enfants déscolarisés sont nombreux. 80 % de la population malgache est analphabète. « Et chez eux, dans une seule pièce sans électricité, ils n’ont pas les conditions pour étudier », ajoute Fara Radjerisoa-Robson. Opérationnelle à la veille de la rentrée scolaire, l’association a commencé par prendre en charge les inscriptions et les fournitures des jeunes des familles les plus précaires que l’école du dimanche encadre, grâce aux premiers dons, notamment de la paroisse de Goxwiller-Bourgheim et d’une paroisse catholique suisse. Celles-ci leur ont aussi envoyé des vêtements. L’association soutient depuis une centaine de jeunes à chaque rentrée. Elle met aussi à disposition une petite bibliothèque, et fait surtout du soutien scolaire. Pour ces heures d’étude hebdomadaires, les bénévoles, dont trois enseignants, distribuent des collations à près de 80 enfants « qui ne peuvent pas travailler le ventre vide ». Ce sont leurs mères, souvent célibataires, qui cuisinent les denrées fournies.

Donner aujourd’hui et demain

Akany Tia Zaza s’engage aussi pour l’accès aux soins des 172 familles membres de l’association. Des dons ont déjà permis d’assumer une hospitalisation. Un médecin bénévole accompagne les malades dans leurs parcours de soin. L’association tente de convaincre chaque famille de cotiser à sa mutuelle. S’il n’est pas encore dans les mentalités de payer pour un malheur à venir, Fara Radjerisoa-Robson souligne l’importance d’inscrire la démarche dans un tissage de solidarité. L’association construit actuellement un centre médical pour tout le village, avec l’accord de l’État malgache de financer un médecin. Le groupe de jeunes de la paroisse de Goxwiller-Bourgheim pourrait prochainement venir prêter main forte au chantier. « Nous aurions maintenant besoin de soutien technique, en équipements médicaux comme en formation », relève Fara Radjerisoa-Robson. « Nous sommes partis d’un tout petit projet et apprenons à chaque étape », souligne-t-elle. L’association souhaiterait élargir son aide alimentaire en installant une cantine accessible à tous les enfants de l’école du village. « Pour cela, il nous faut des partenaires financiers stables », prévient Fara Radjerisoa-Robson. « Nous ne pouvons pas donner aujourd’hui et plus demain. » L’association manque aussi de moyens pour développer des activités périscolaires et continuer d’accompagner les jeunes qui souhaitent poursuivre leurs études. Une dizaine d’entre eux a désormais le bac. « C’est à la fois un soulagement et une frustration pour eux », regrette Fara Radjerisoa-Robson. « Ils sont brillants et motivés à s’en sortir. »

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