Avec les réfugiés à la frontière serbe

En Serbie, des dizaines de milliers de Syriens, d’Afghans, d’Irakiens fuient la guerre et rejoignent l’Europe. En septembre, ils étaient 140 000 selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.

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Publié le 12 novembre 2015

Auteur : Joëlle Herren Laufer

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Reportage à la frontière serbo-croate, où solidarité et dignité règnent en maître dans cet exode hors du commun.

Il est 11h30, un bus à deux étages débarque en rase campagne, non loin de la ville serbe de Sid en provenance de Preshevo, à la frontière macédonienne. C’est le dix-septième ce matin. Après huit heures de route, les soixante-cinq passagers originaires de Syrie, d’Afghanistan ou d’ailleurs sont épuisés et affamés. On les enjoint à gagner au plus vite la frontière croate. Ils prennent rapidement de quoi se ravitailler, se soigner ou se vêtir aux stands des organisations humanitaires. Sur Suhaila en fait partie. Cette Syrienne de 30 ans voyage depuis dix jours seule avec ses quatre enfants ainsi que les quatre filles de sa sœur. Au sortir du bus, elle remplit des sacs de vivres: bananes, pommes, pain, barres énergétiques, bouteilles d’eau, serviettes humides, brosses à dents. Elle demande un pantalon pour son garçon de 10 ans, prend des collants pour ses fillettes, puis installe une couverture par terre pour manger quelque chose avant de traverser la frontière. Avec des gestes sûrs, elle nourrit la plus petite de 3 ans, prend la peine de jeter les déchets à la poubelle, nettoie la bouche de chacun, enfile une jaquette au garçon, attache les cheveux d’une autre. Surtout, ne pas regarder en arrière ni penser à son mari, dont elle a perdu la trace. Elle pare au plus pressé. Son arrêt a duré quinze minutes à peine, et les voilà de nouveau en route, rassasiés, propres, couverts, prêts à repartir sourire aux lèvres.

Ce pourrait être nous !

« Tous les jours, il y a des enfants et des femmes qui me touchent, témoigne Olina Kolar, une volontaire distribuant des vivres et des biens de première nécessité pour Ecumenical Humanitarian Organisation (EHO), partenaire de l’Entraide protestante suisse (EPER). Impossible d’être indifférent. Ce pourrait être nous ! » Les bus se suivent, déversant les uns après les autres un flot ininterrompu de réfugiés. Plusieurs milliers par jour, tous embarqués dans la même galère, mais chacun avec sa propre histoire. Fatimah, une Afghane de 21 ans, est mère d’un petit Hasina de deux ans qu’elle porte sur le ventre. Elle est en route depuis deux mois et rêve de rejoindre la Suède, où se trouve son frère. Ils sont six avec son mari, son beau-frère et ses belles-sœurs. Ensemble, ils ont fui Kaboul et les menaces des talibans avec un passage très pénible en Iran. On les retrouvera deux heures plus tard en Croatie, dans un camp de transit militaire clos telle une prison et surveillé par des dizaines d’hommes en uniforme. « Stop ! En ligne ! » hurlent-ils pour obtenir des files de cinquante afin de rembarquer les réfugiés dans un bus, puis dans un train qui les conduira à la frontière hongroise de Beli Manastir, direction Autriche. Pas question de s’éterniser en Croatie !

Ensemble, on est plus forts !

A l’intérieur, dix jeunes Syriens voyagent avec trois enfants. Ces compagnons d’infortune se sont rencontrés en Turquie: « On a cru mourir dans la mer, entre la Turquie et la Grèce. Des mafieux nous ont dévalisés sur la route, et quand on est arrivés en Serbie, on avait faim mais il n’y avait ni nourriture ni WC. Ensemble, on est plus forts ! » Celui qui parle est dentiste. Il a obtenu son diplôme en 2012, mais n’a jamais pu exercer en Syrie, à cause de la guerre. […]

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