Gaza, Irak, Ukraine…

Gaza, Irak, Ukraine…

La pasteure Nathalie Chaumet dresse un parallèle entre ces trois conflits et l'histoire de Caïn et Abel.

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Publié le 3 août 2014

Auteur : Nathalie Chaumet

Pour nous, l’été rime avec trêve, repos, ressourcement. Mais les conflits, eux, poursuivent leur cours. Plus de mille morts en Palestine sous l’épouvante des bombes, la terreur en Irak pour les chrétiens jetés sur les routes, et trois cents morts en Ukraine du fait d’un missile « qui n’appartient à personne »… Autant de vies disparues, si vite oubliées par l’actualité du moment, autant de familles pour qui la mort entrouvre au contraire un long chemin de deuil.
Alors que les conflits ont si souvent pour origine la terre (protéger sa terre dans le cas d’Israël, régner en maître dans celui des djihadistes irakiens, ou encore se disputer le territoire dans le conflit ukrainien), la Bible nous rappelle avec force que les seuls héritiers de la terre seront les doux. Ainsi peut-on lire au psaume 37,11 que les « humbles posséderont le pays » dans la promesse d’une paix totale. Cette idée est reprise par le Christ dans ses béatitudes : « Heureux les doux car ils auront la terre en partage. » (Mt 5,5).
C’est donc aux doux que la promesse d’habiter la terre revient. Belle utopie biblique peut-on penser ! Car la douceur est plutôt méprisée au registre de l’idéologie moderne. Au doux est associée l’image du faible, prompt à se laisser marcher sur les pieds, si vite éliminé du monde des vivants ou tout au moins des vainqueurs.
À la figure du doux, une lecture biblique trop rapide pourrait d’ailleurs associer le personnage d’Abel qui disparaît sous l’emprise de la jalousie de son frère.
L’énigme de Samson
Dans ce récit de la Genèse, soulignons tout d’abord à quel point Caïn, refusant les chemins de la parole, ne mesure pas les conséquences de son passage à l’acte. Pensant éliminer son frère de la terre donnée en partage, il va tout perdre jusqu’à cette terre même sur laquelle il s’est pourtant vu triompher. Car c’est bien la terre qui justement, à chacun de ses pas, va lui rappeler le souvenir du sang versé. Caïn se retrouve alors en errance. Le voilà désormais poursuivi par une culpabilité à laquelle il lui sera bien difficile à lui et aux générations suivantes d’échapper, si ce n’est dans l’engendrement d’une violence toujours plus grande jusqu’à la mise en place de la vendetta avec Lamek. […]

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