Hommage aux victimes de Garissa

Hommage aux victimes de Garissa

Professeur à la faculté de théologie de l’Université de Genève, l’historien Michel Grandjean dénonce le massacre de Garissa, au Kenya, qui a fait 148 victimes, le 2 avril dernier.

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Publié le 8 avril 2015

Auteur : Joël Burri

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L’attaque de Garissa, jeudi saint à l’aube, a donné aux fêtes de Pâques un goût de cendres. 148 personnes assassinées, dont 142 étudiantes et étudiants, et plusieurs dizaines de blessés. Évidemment, le Kenya est assez loin, et l’on ne connaissait probablement pas même le nom de cette ville d’un peu plus de 100’000 habitants, où une université avait été fondée il y a quatre ans. Ce n’est pas comme quand les terroristes sévissent à Paris.

Mais écoutons au moins Mutua, étudiant de 23 ans: «Il est 5h30. J’entends des tirs, puis ils s’arrêtent. Je continue de lire. Puis quelqu’un fait irruption dans la bibliothèque. Son visage n’est pas couvert. Je le dévisage. Je vois le pistolet. Je le regarde à nouveau, nos regards se croisent. Puis il tire. Un ami reçoit une balle dans la tête. Son cerveau explose, il tombe sur moi. Ma jambe est coincée. Il tire encore. Je prends une balle dans le talon. Il tire encore, partout. Je suis resté paralysé jusqu’à ce que la police arrive. Il était 11 heures. Les premières victimes ont été les étudiants de l’union chrétienne. 22 priaient dans le hall: ils ont tous été tués » (d’après la presse kényane, reprise par Libération, 5 avril).

Il n’y a pas d’assassinat qui ne soit odieux, c’est entendu. Mais celui de Garissa, où l’appartenance à un groupe religieux était le critère premier des tueurs (les musulmans, du moins ceux capables de réciter une sourate, semblent avoir eu la vie sauve, les chrétiens ont été délibérément abattus), repousse les bornes du sordide. Exactement comme le drame du magasin kasher de Paris, en janvier, où des juifs ont été abattus parce qu’ils étaient juifs, ce sont ici des chrétiens qui ont été massacrés parce qu’ils étaient chrétiens.

Tués à cause de leur religion

Bien sûr, il faudra analyser toutes les données, faire la part des manœuvres sans doute maladroites du gouvernement kényan face à la crise somalienne, critiquer les défaillances de la police, replacer ce massacre dans son contexte politique, économique et social. Mais il demeure au moins deux éléments difficilement contestables. Premièrement, à Garissa, comme en Irak, comme au Nigeria, comme en tant d’autres lieux, ce sont des chrétiens qui ont été tués parce qu’ils étaient chrétiens.
Deuxièmement, le christianisme mondial (l’expression ne veut peut-être pas dire grand-chose, mais on la retiendra en première approximation) ne semble – une fois de plus – pas capable d’exprimer son émotion comme la situation l’exigerait. […]

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