Pâques vu par des réfugiés chrétiens au Liban

Pâques vu par des réfugiés chrétiens au Liban

Les fidèles chrétiens réfugiés au Liban n’ont pas le cœur à fêter Pâques. Ils semblent résignés à un exil loin de leurs terres et considèrent le pays du Cèdre comme une halte… avant de repartir plus loin.

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Publié le 3 avril 2015

Auteur : Laure Stephan

« Saint, Saint ! » La prière psalmodiée par les fidèles, chrétiens assyriens ou chaldéens, ouvre la messe dans l’église Saint-Georges de Sad El-Bauchrieh, en banlieue de Beyrouth. Ce n’est pas en arabe, mais en araméen qu’ils joignent leurs voix. Les hommes se tiennent d’un côté ; les femmes de l’autre, une mantille ou un foulard sur la tête. En ce dimanche des Rameaux, l’assemblée est tirée à quatre épingles. Les enfants ont revêtu des habits de fête. Certains tiennent une bougie à la main, d’autres une petite branche d’olivier. Mais les cœurs sont lourds.

Car l’église compte de nouveaux fidèles, au destin tragique : des réfugiés originaires de Syrie – comme la communauté assyrienne de Sad El-Bauchrieh – qui viennent de fuir une redoutable attaque lancée par les djihadistes de l’État islamique (EI) contre leurs villages, en février dernier. Membres de l’une des plus anciennes Églises d’Orient, plus de 200 chrétiens assyriens de la vallée du Khabour ont été pris en otages. Une vingtaine ont été libérés contre le versement d’une rançon. Quant au sort des autres otages, il reste inconnu. Pour Khami Haydo, qui a fui à la hâte l’avancée des djihadistes et les bombardements de plus en plus proches – une scène qui l’a terrifiée –, impossible de se réjouir. «Comment célébrer alors que nos proches sont retenus en otages ?, dit cette femme de 53 ans, dont la cousine a été kidnappée avec sa famille. En Syrie, pour chaque Pâques, nous allions à l’église, puis nous nous rendions des visites les uns aux autres pour se congratuler et partager le moment de fête. Cette année, je resterai chez moi. »

Un patrimoine détruit

Khami Haydo, qui a déployé toute son énergie pour tenter de protéger son fils unique de la guerre en Syrie et s’occuper de son mari malade, est à bout, épuisée, alors qu’elle a pourtant trouvé un havre plus serein, à Beyrouth. . […]

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