Réfugiés en quête d'asile

Réfugiés en quête d’asile

Découvrez l'édito du numéro d'octobre 2015 de Causes communes : "Réfugiés versus migrants économiques"

Un contenu proposé par Causes communes

Publié le 20 octobre 2015

Auteur : Jean-Claude Mas

Réfugiés versus migrants économiques

Les exodes massifs aux portes de l’Europe, fortement accélérés en cette rentrée de septembre, sont liés à la multiplication et l’aggravation de situations de vie insoutenables dans des pays ravagés par la guerre, la répression, les chaos politiques et économiques, les dérèglements climatiques… En France, l’annonce de l’accueil de 24 000 personnes supplémentaires, réparties sur deux ans, n’est pas une réponse exceptionnelle si l’on se réfère au nombre de personnes déjà arrivées en Europe.

Toutes les personnes qui entreprennent cet exode ont une force de vie qu’aucun mur n’arrêtera. La complexité des causes et des motivations de départ illustrent combien l’assignation a priori dans des catégories statutaires rigides : réfugiés politiques, migrants économiques, ne correspond pas toujours à la réalité des destins. Si un grand nombre relève de causes qui justifient une protection internationale au titre de la convention de Genève sur les réfugiés (dossier de ce Causes communes), d’autres personnes fuient l’extrême misère et l’impossibilité de vivre dignement dans leur pays.

En France comme en Europe, le message politique, sans appel, se résume à une seule équation: l’accueil des réfugiés suppose le rejet des «migrants économiques». Martelé discours après discours, relayé sans contestation par la plupart des médias, l’opinion assiste à cette hiérarchisation des drames humains qui semble peu à peu aller de soi. Le message est terrible pour les personnes migrantes elles-mêmes, mais en dit aussi beaucoup sur le type de société qu’il induit. La consécration de l’usage du terme de «tri» utilisé pour des personnes, et a fortiori des personnes en demande de solidarités, en est l’un des symptômes les plus criants.

Au-delà, cette «fermeté» affichée contre tous ces indésirables «migrants économiques» instaure dans les faits et dans l’imaginaire une opposition désastreuse qui affaiblit la possibilité d’une réflexion et d’une pédagogie sur les mouvements migratoires de notre époque. Car, indépendamment de la situation du moment, c’est bien la réalité et la durabilité de ces mouvements migratoires qui devront, un jour ou l’autre, être regardées en face.

Jean-Claude Mas, Secrétaire général de La Cimade

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