Après la tuerie de Newtown: pour un examen de conscience sociétal

Après la tuerie de Newtown: pour un examen de conscience sociétal

La tuerie de Newtown le 14 décembre dernier dans un établissement scolaire a marqué les esprits et les médias. Retour sur l’événement, avec un objectif grand angle plutôt qu’avec un zoom... 

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Publié le 10 février 2013

Auteur : Marie-Noëlle von der Recke

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Le peuple américain a à nouveau été frappé par un drame. Comme toujours face à des événements aussi graves, la solidarité s’exprime : les familles, les habitants de Newtown, le président Obama, tous accablés par le chagrin, le même sentiment d’horreur, se sentent proches les uns des autres dans la douleur et dans le deuil.

Les « pourquoi ? » fusent. On essaie de comprendre ce qui a déclenché la tuerie, on interroge le passé d’un jeune homme effacé, profondément perturbé, qui n’a laissé aucune explication. Non qu’une explication puisse consoler les proches des victimes. Mais on aimerait comprendre l’incompréhensible, percer le mystère, même si le drame est irréversible.

Maladie

La multiplication d’actes de ce type force à réfléchir plus loin. Il y a cinq mois, une tuerie faisait 12 victimes et de nombreux blessés dans un cinéma du Colorado. Il y avait eu les assassinats de Toulouse peu de temps auparavant et le massacre perpétré en Norvège en juillet 2011. Le terme d’« épidémie » ne s’applique pas ici, car une épidémie peut emporter beaucoup plus de vies humaines que ces éruptions de violence même prises ensemble. Celui de « maladie » convient peut-être mieux, avec des symptômes similaires (la tranche d’âge des tueurs, la préméditation, le choix des armes, le choix de victimes sans défense, l’usage d’armes lourdes, l’imprévisibilité pour l’entourage) et des effets semblables (vies détruites, stupeur, deuil).

Maladie de société

Mais il serait bien simpliste de réduire le phénomène à une maladie (la folie) qui affecterait – exceptionnellement – certains jeunes gens. S’il y a maladie, c’est d’une maladie de société qu’il faut parler. Ou du terrain qui favorise son irruption chez certaines personnes. Aborder le problème ainsi, c’est regarder les faits non plus avec un « zoom » braqué sur les tueurs, mais avec un objectif « grand angle » qui inclut le contexte dans lequel leurs actes sont commis. Ou, pour reprendre l’image de la maladie, c’est faire une anamnèse et des examens approfondis pour élucider les causes profondes, invisibles, du mal. […]

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Christ Seul est le mensuel des Églises évangéliques mennonites de France, issues de la Réforme radicale du 16e siècle. Les Églises mennonites appartiennent à la famille des Églises protestantes. Elles sont apparues en même temps que la Réforme de Luther, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Alsace et en Suisse, au début du 16e siècle.

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