Attentats de Paris : accompagner les adolescents

Attentats de Paris : accompagner les adolescents

Trop souvent les questions de nos enfants restent sans réponse, faute d’interlocuteurs. Lorsqu’ils sont déstabilisés, ils ont besoin de lieux de paroles.

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Publié le 27 novembre 2015

Auteur : Édith Tartar-Goddet

Samedi 14 novembre à 8 h 30, je découvre la réalité dramatique de la nuit en lisant un SMS sur mon portable provenant de ma fille en voyage au Vietnam. Elle s’inquiète pour ses parents. « Est-ce que vous allez bien après ce qui s’est passé cette nuit à Paris ? », y écrit-elle…

En fin d’après-midi, c’est ma petite-fille de 16 ans qui appelle. Venue à Paris voir son père pour le week-end, alors qu’elle réside avec sa mère en Bourgogne, elle est morte de peur à l’idée de rejoindre la gare de Lyon, dimanche en fin d’après-midi pour rentrer chez elle. Mathilde me décrit les symptômes d’une crise d’angoisse qui ne la lâche pas depuis l’annonce des événements de la nuit. Elle parle avec précipitation et répète plusieurs fois la même chose. Deux jeunes filles de sa ville étaient à la terrasse de la pizzeria, attaquée par les terroristes, et je ne saisis pas si elles sont en bonne santé ou décédées. Mais je ne lui pose aucune question et l’écoute… Elle commence à se détendre. J’entends un profond soupir lorsque je lui dis que sa peur est parfaitement légitime et que son grand-père viendra la chercher dimanche pour la ramener en voiture chez sa mère.

Comme une guerre éclair

Les événements de la nuit du vendredi 13 sont profondément déstabilisants par la violence guerrière qui a été à l’œuvre, plusieurs fois, en plusieurs endroits différents de la capitale et sur une durée limitée. Comme si une guerre éclair avait eu lieu durant quelques heures, détruisant sur son passage (tel un barrage qui craque) non seulement des vies mais aussi, en chacun de nous, tout un système de représentations mentales et sociales.

Le fort sentiment d’insécurité ressenti par Mathilde après les attentats et qui se traduit par la peur d’être victime ou témoin d’une attaque terroriste si elle circule dans la capitale est le signe que ses repères ont bougé… comme s’ils avaient subi un tremblement de terre.

Peut-être est-ce d’ailleurs la première fois qu’elle se pose des questions concernant sa sécurité. […]

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