Décrypter les préjugés sur les pauvres

Décrypter les préjugés sur les pauvres

"Les pauvres font tout pour toucher les aides de l’État". Voici le premier volet d’une série sur les idées toutes faites liées à la pauvreté.

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Publié le 19 février 2015

Auteur : Laure Salamon

Dix milliards d’euros, c’est le montant estimé d’aides qui ne sont pas demandées par les personnes qui pourraient le faire et que l’on appelle le « non-recours ».

C’est un phénomène peu connu et qui pourtant va bien à l’encontre de ce préjugé tenace sur le fait que les pauvres font tout pour toucher les aides publiques et que celles-ci sont faciles à obtenir. À titre de comparaison, la fraude aux prestations sociales représenterait quatre milliards d’euros. Selon l’Observatoire des non-recours aux droits et services (Odenore), sur les dix milliards du non-recours, la moitié, soit 5,3 milliards d’euros, vient du revenu de solidarité active (RSA). 35 % pour le RSA socle et 68 % pour le RSA activité ne sont pas demandés. Le non-recours concerne d’autres dispositifs. 29 % de la couverture maladie universelle (CMU)-C (accessible pour des revenus inférieurs à 700 euros par mois environ) ; 68 % des tarifs première nécessité d’EDF, 62% des tarifs solidarité GDF ; 50 à 70 % des tarifs sociaux dans les transports urbains ne sont pas réclamés.

Pourquoi ce phénomène ? Complexité de la démarche, manque d’informations, peur de la stigmatisation ou du contrôle, souhait de ne pas être assisté, les raisons sont diverses. L’observatoire les a classées en trois grandes catégories : la non-connaissance, la non-demande et la non-réception. Le plus souvent les raisons se cumulent. […]

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En France, l’heure légale d’hiver est l’heure méridienne de Berlin imposée par le IIIe Reich lors de l’armistice de 1940. Par rapport au soleil, nous sommes en avance d’une heure (GMT*+1). En horaire d’été, nous sommes en avance de deux heures par rapport au zénith (GMT+2), moment où le soleil est au plus haut dans le ciel et le plus chaud, repère du milieu de la journée depuis que l’homme compte le temps. Actuellement, en France, à midi nous avons la lumière et la chaleur de 10 heures. Ceci n’avance en rien les travaux en extérieur : pour les moissons, il faut attendre la montée de l’astre pour que l’humidité nocturne s’évapore, à minuit beaucoup moissonnent encore… Ainsi, après une pause de « midi », on fait reprendre le travail sur les chantiers pour une période de travail entre 14h et 16h, moment le plus chaud de la journée d’où une pénibilité accrue pour les travailleurs. De tels choix ont été argumentés sur des critères d’économie d’énergie jamais démontrée. Une vieille lune déjà évoquée en 1794 par Benjamin Franklin qui se posait la question de savoir si, en se levant une heure plus tôt et en allant se coucher une heure plus tôt le soir, on économiserait des bougies, alors un gros budget pour les foyers. Cette sagesse est dévoyée dans notre monde post-industriel car au lieu de se coucher plus tôt, l’ensemble des gens se couchent beaucoup plus tard et réduisent de façon néfaste leur temps de sommeil. Bien des urbains disent que la polémique est absurde, que cela est sans effet… c’est ceux-là même qui se bourrent d’antidépresseurs, qui passent du temps devant leur lampe de luminothérapie ou en cabines UV. Une horloge biologique malmenée Le changement brutal d’horaire d’hiver fait que l’œil et les réflexes associés à la baisse de luminosité ne s’activent pas et ceci a pour conséquence une forte augmentation des accidents de la route et en particulier en ville, où des piétons et des cyclistes sont percutés par les voitures. Du jour au lendemain, ce qui était visible se retrouve dans la pénombre. L’œil et le cerveau ont besoin d’apprentissage pour conditionner des réflexes adaptés. Ainsi, d’une part, une heure légale sans rapport avec la luminosité du lieu où nous vivons et, d’autre part, des changements d’heure brutaux sont une négation totale de la physiologie humaine et même de phénomènes qui régissent la vie sur terre. Il s’agit des biorythmes. Tout un chacun connaît les perturbations d’un décalage horaire. Pourquoi mépriser cette évidence ? Il est montré que nous sommes soumis à une horloge interne autonome qui détermine un cycle de 24 heures environ : le cycle circadien démontré en premier chez les plantes en 1729. Ce cycle se caractérise par la succession d’événements biologiques qui ont lieu de façon périodique toutes les 24 heures. En premier les cycles veille/sommeil. L’être humain a donc une horloge biologique interne qui influence son comportement. Cette horloge, située dans les neurones supra-chiasmatiques de l’hypothalamus, demeure synchronisée avec l’alternance jour/nuit. Elle est soumise aux signaux photopériodiques grâce à la rétine. Changer le curseur sans arrêt provoque de nouvelles adaptations éprouvantes pour l’organisme, entraînant des troubles de l’endormissement par exemple ou des perturbations des sécrétions hormonales. Pourquoi donc nier notre nature physiologique et se mettre au pas des technocrates alors que mère nature sait davantage ce qu’elle a fait. L’heure solaire ou méridienne (GMT) apparaît comme parfaite pour nos organismes issus de cette lumière tant vénérée et respectée par bien des civilisations. *GMT : l’heur e moyenne de Greenwich, en anglais Greenwich Mean Time, est l’heure solaire moyenne au méridien de Greenwich, méridien d’origine des longitudes, traversant l’Observatoire royal de Greenwich à Londres en Angleterre.

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