Grande Guerre : patriotisme protestant

Grande Guerre : patriotisme protestant

Comment ont réagi pasteurs, théologiens et intellectuels face aux souffrances nées du conflit ?

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Publié le 10 novembre 2014

Auteur : André Encrevé

« Un million cinq cent mille Français ont péri dans la tourmente », affirme Wilfred Monod dans son sermon du dimanche 6 janvier 1918. Il ajoute : « Rangés côte à côte, épaule contre épaule, et en accordant seulement 50 centimètres de largeur à chaque mort, les cadavres allongeraient leur file macabre sur 750 kilomètres. » En effet, pour comprendre les réactions des contemporains, il faut se souvenir que l’ombre de la mort recouvre toute cette période en raison de l’énormité du nombre des victimes, avec de véritables hécatombes, en particulier au début : 27 000 morts pour la seule journée du 22 août 1914 ! 383 000 morts de septembre à novembre 1914…

De plus, tous les Français ont le sentiment d’avoir été agressés par les Allemands : c’est l’Allemagne qui a déclaré la guerre à la France et, surtout, l’armée allemande a violé la neutralité de la Belgique, alors que la Prusse était l’une des puissances signataires du traité de Londres de 1831 dont l’article 7 faisait de la Belgique un État « indépendant et perpétuellement neutre ».

Or le 4 août 1914, le chancelier allemand déclare : « Not kennt kein Gebot. » (« Nécessité ne connaît point de
loi »). Ce que les Français interprètent comme une volonté déclarée de faire litière du droit. D’autant plus que lors de l’invasion de la Belgique, puis du nord de la France, l’armée allemande se livre à l’encontre des population à des violences qui sont stigmatisées par la presse française et une partie de la presse neutre.

Les Allemands accusés

On comprend donc qu’à l’instar de presque tous les autres Français, les protestants se soient montrés patriotes et qu’ils aient très vivement critiqué l’empereur Guillaume II, l’armée allemande et le peuple allemand. Le pasteur H. Draussin écrit, par exemple en août 1914 : « Pour Guillaume II, la force supprime le droit. Les traités internationaux […] sont brutalement déchirés par ce forban couronné. Jamais crime fut-il commis avec une hypocrisie et une lâcheté pareille à l’invasion de la Belgique ? » […]

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