La façon de vivre la mort ne fait toujours pas l’unanimité

La façon de vivre la mort ne fait toujours pas l’unanimité

Comment vivre sa mort ? Le thème central du colloque intitulé «Vivre la mort», proposé le 18 octobre par la Fédération Protestante de France (FPF), plaçait la question de l’anticipation au cœur des débats. Exit les tabous, la question de l’euthanasie a ravivé les débats, divisant les consciences jusque dans les milieux évangéliques autour des questions de dignité, d’autonomie et de fin de vie.

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Publié le 11 janvier 2015

Auteur : Christelle Bankolé

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[Archives] – Article paru en novembre 2012

Le développement des soins palliatifs jugé essentiel

«Il y a des limites à ne pas franchir. Le respect de la vie est une question fondamentale. Mais l’acharnement dans le respect de la personne n’est pas admissible»: Claude Baty s’interroge sur la question centrale de l’accompagnement. Les pistes sont multiples, mais parfois dangereuses. Le théologien Louis Schweitzer, par ailleurs membre du Comité consultatif national d’éthique (CNE), constate lui aussi que l’acharnement thérapeutique ou l’obstination déraisonnable sont les éléments fondateurs de la loi Léonetti de 2005.

Et 60% des personnes meurent à l’hôpital, rappelle le médecin Georges Dugleux, président de la Fédération de l’entraide protestante (FEP). Le développement des soins palliatifs est donc jugé essentiel. Georges Dugleux remarque par ailleurs combien la technique envahit la fin de vie, sans toujours apporter le soulagement attendu et rendant souvent difficile l’appropriation de sa propre mort.

«Comprendre ce que veut le patient»

«La difficulté est de comprendre ce que veut le patient. La situation où une personne prend elle-même la décision est peu fréquente. Il s’agit souvent d’un accompagnement collégial», explique Béatrice Birmelé, médecin néphrologue et coordinatrice de l’Espace éthique Région Centre. Question de délibération quand le patient ne peut plus parler. En réanimation, un traitement vital est arrêté chez un patient sur deux.

Mais aux yeux de Béatrice Birmelé, beaucoup reste à faire dans le suivi des patients: «La loi actuelle offre de limiter les traitements et la douleur. Mais dans des situations exceptionnelles, la loi est insuffisante. Quand il n’y a pas d’autre solution, la confiance dans le geste est la moins mauvaise des solutions. Mais il faut le faire avec responsabilité.»

Vers une euthanasie active?

En France, seule l’euthanasie passive est autorisée par la loi Léonnetti, c’est-à-dire le refus d’un traitement qui maintient la vie. Une loi dont certains disent qu’il s’agit déjà d’une ouverture.

Plusieurs propositions de loi pour la légalisation de l’euthanasie ont d’ailleurs été déposées ces derniers mois. Des associations revendiquent le droit de mourir dans la dignité. D’après un récent sondage Ifop publié le 31 octobre, neuf Français sur dix sont favorables à une loi sur l’euthanasie active, une des promesses électorales de François Hollande. Le président de la République a d’ailleurs confié au professeur Didier Sicard une mission sur la fin de vie, dont un rapport sera remis le 22 décembre.

L’éternelle question de la dignité…

En France, l’euthanasie est condamnée et interdite. Mais comme le constate George Dugleux, «la loi n’est pas toujours respectée et rarement appliquée en termes de sanctions. Il faut sortir de l’hypocrisie et de cette clandestinité, et poser cette question: l’euthanasie ou la dépénalisation peuvent-elles répondre à la question de mourir dans la dignité?»

Karsten Lehmkuehler, théologien à la Faculté de théologie protestante de Strasbourg, s’en défend: «L’euthanasie est un geste extrêmement violent». Il rappelle que la perte de l’autonomie, liée à la question de vulnérabilité, n’entrave pas la part de dignité du malade.

Situation complexe et parfois insurmontable pour les proches et pour les personnes malades, se percevant elles-mêmes comme un fardeau sur le plan physique et financier: «A l’argument “je préfère mourir pour ne pas être un fardeau”, la réponse doit être les soins palliatifs avec un accompagnement psychique, spirituel et physique», préconise le théologien. «Nous devons réfléchir à la société dans laquelle nous voulons vivre: une loi qui pénalise ou qui dépénalise aura un impact sur la façon dont les mourants se voient. Nous devons penser avec la famille concernées.» […]

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