Covid-19

La prière pour les autorités

Au lieu de pratiquer le politique-bashing, et même si nous ne sommes pas toujours du même point de vue, pourquoi ne pas plutôt prier pour les autorités ? Les explications du théologien Antoine Nouis.

Un contenu proposé par Le blog d'Antoine Nouis

Publié le 27 mai 2020

Auteur : Antoine Nouis

Je lisais dans un livre cette phrase du théologien américain Jim Wallis sur la parole de Jésus demandant de prier pour ses ennemis : « La prière est une nécessité. Sans elle, nous ne considérons que notre propre point de vue, notre propre justice et nous ignorons la perspective de nos ennemis. La prière renverse ces distinctions… elle transforme les ennemis en amis. Quand nous avons porté nos ennemis dans la prière, il devient difficile de maintenir l’hostilité préalable à la violence. En les approchant de nous, la prière nous protège de nos ennemis. Ainsi la prière s’oppose à la propagande de ceux qui nous invitent à haïr et à craindre nos ennemis. »

Par analogie, cette réflexion m’a fait penser à quelque chose à laquelle je suis assez sensible en ce moment qui est la prière pour les autorités. On la trouve dans la première épître à Timothée : « J’encourage donc, en tout premier lieu, à faire des requêtes, des prières, des supplications et des actions de grâces pour tous les humains, pour les rois et pour tous ceux qui occupent une position d’autorité[1]. » Et indirectement dans la première épître de Pierre : « Honorez tout le monde, aimez vos frères, craignez Dieu, honorez le roi[2]. »

Il faut prier pour les autorités « afin que nous menions une vie paisible et tranquille, en toute piété et en toute dignité » comme le dit la suite de l’épître à Timothée, mais aussi pour changer notre regard sur les autorités, surtout celles avec lesquelles nous sommes en désaccord.

La grande spécialité des Français est le politique-bashing. Depuis que je suis en âge de voter, notre pays a connu cinq présidents de la République, ils ont en commun d’avoir eu une grosse côte d’impopularité à peine un an après avoir été élu. Plutôt que de nos critiques, les présidents ont besoin de notre prière, car ils doivent prendre des décisions très difficiles. Et si nous désapprouvons leur politique, la prière ne nous empêche pas de ne plus voter pour eux à la fin de leur mandat.

S’il est vrai, comme le dit le théologien, que la prière pour un ennemi change le regard que je porte sur lui, je peux aussi prier pour… les policiers, les députés, les gilets jaunes, la CGT… (rayer la mention inutile) : ce sont aussi des frères en humanité !

«  Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu[3] ! »

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