La rédemption du néonazi

La rédemption du néonazi

Tout dans Johannes Kneifel respire la sérénité. Son visage rond, son sourire, le ton posé de sa voix… On a du mal à imaginer que ce jeune homme de trente ans est un ancien néonazi.

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Publié le 17 janvier 2013

Auteur : Déborah Berlioz

La haine a pourtant hanté son adolescence. Au point qu’il l’a terminée derrière des barreaux.

Pour Johannes, c’est le résultat d’une « enfance très difficile » : « J’ai grandi dans une petite ville, en Basse-Saxe. Mes parents étaient tous deux lourdement handicapés. Mon père souffrait d’un problème de vue et ma mère de scléroses multiples. Ils ne pouvaient pas nous donner l’attention dont nous avions besoin. » La cellule familiale ne tarde d’ailleurs pas à exploser. Sa grande sœur fuit le foyer à l’âge de quatorze ans et est placée en famille d’accueil. Johannes n’a que douze ans, et reste seul chez ses parents.

C’est alors qu’il commence à fréquenter les milieux d’extrême droite. Parmi ces jeunes plus âgés au crâne rasé, il voit « une famille de remplacement ». « À l’époque j’avais honte de moi et de ma situation familiale. Je me sentais inférieur aux autres, explique Johannes. Les néonazis disent qu’ils sont l’élite, ils m’ont apporté un vrai sentiment de fierté. » Et aussi des problèmes d’alcool. Bombers sur les épaules et bottes militaires aux pieds, Johannes boit de plus en plus souvent. Sa frustration, il la passe désormais sur les autres en s’engageant souvent dans des bagarres.

Le soir où tout a basculé

Jusqu’à une soirée d’août 1999, où, à dix-sept ans, il commet l’irréparable. De retour d’un camp de jeunesse au Danemark, il se laisse embarquer par un de ses amis néonazis dans une expédition punitive. Ils veulent donner une leçon à Peter Deutschmann, le « hippie » de la ville, pour avoir osé critiquer un de leurs camarades. Ils font irruption dans l’appartement de l’homme de quarante-quatre ans et lui donnent plusieurs coups violents. « J’étais complètement soûl, je n’ai pas réfléchi… », se souvient Johannes. Sa victime décédera plusieurs heures plus tard à l’hôpital.

Le jeune homme se retrouve donc derrière les barreaux, pour cinq ans. En détention, il oublie vite ses idées néonazies. « Je suis arrivée en tant que raciste au milieu d’une majorité d’étrangers. Et ce sont les premiers qui m’ont donné une seconde chance. Ils m’ont dit que nous avions tous fait des erreurs dehors, mais que si j’étais correct avec eux, ils le seraient avec moi. Et cela m’a beaucoup impressionné. » […]

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