Le mariage chez les catholiques, orthodoxes et protestants : quelles différences ?

Le mariage chez les catholiques, orthodoxes et protestants : quelles différences ?

À l’heure où les pères synodaux abordent à Rome la question de la famille, Réforme fait le point sur les théologies catholique, orthodoxe et protestante du mariage, du divorce et du remariage.

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Publié le 8 octobre 2015

Auteur : Marie Lefebvre-Billiez

Depuis dimanche 4 octobre, 270 évêques et cardinaux catholiques sont réunis en synode à Rome sur le thème de la famille, accompagnés de 90 autres participants, à la suite d’une première session tenue il y a tout juste un an. Parmi les sujets qui fâchent : les divorcés remariés, aujourd’hui tenus à l’écart de l’eucharistie. Le document de travail utilisé par les pères synodaux pose la question d’une éventuelle « voie pénitentielle », aussi appelée « itinéraire de réconciliation » (no 122-123). En débat : la possibilité ou non, et les conditions, d’un éventuel accès au sacrement de réconciliation et à l’eucharistie, ce « corps vivant du Christ qui pénètre en nous et qui fait corps avec nous », selon Béatrice Bourges, divorcée remariée, auteur d’un livre témoignage sur son parcours.

Oranne de Mautort, directrice adjointe du service « Famille et société » de la Conférence des évêques de France, explique la position actuelle de Rome : « Quand un couple décide de se marier à l’Église, il invite Dieu à faire route avec lui de façon spécifique. Leur alliance est le signe de celle irrévocable entre Dieu et l’Église. Le sacrement le dit, Dieu ne laissera jamais tomber ce couple, même dans les histoires les plus chaotiques et douloureuses. » L’Église reconnaît cependant qu’il existe des situations où la vie conjugale n’est plus possible, notamment si la vie physique ou morale de l’un des deux conjoints est en danger (femmes battues par exemple). Il est donc possible, en droit canon, d’obtenir une séparation. « Mais même s’il n’y a plus de vie commune, le sacrement demeure, Dieu est fidèle. » Impossible donc pour les personnes concernées de se remarier à l’Église. Et pour celles qui s’engagent dans une nouvelle union, les portes de l’eucharistie se ferment.

« Irréversible »

Pour Oranne de Mautort, « on le sait, de belles valeurs peuvent se vivre » dans ces nouveaux couples : « Le souci de l’autre, la fidélité, le pardon ». Pourtant, « le premier mariage sacramentel n’est ni gommé ni effacé, il est indissoluble. Il y a de l’irréversible qui a été vécu, peut-être que des enfants sont nés de ce mariage, et tout cela demeure. Dire que c’est “irréversible” se comprend peut-être mieux que “indissoluble” ».

Face aux échecs qui se vivent pourtant, une voie actuellement offerte aux divorcés est celle d’une « reconnaissance en nullité » du premier mariage. Y a-t-il véritablement eu sacrement lors de la première union célébrée à l’Église ? « Peut-être que le consentement n’était pas vraiment libre, que les époux étaient immatures et ne savaient pas à quoi ils s’engageaient. » La démarche, longue et compliquée, vient d’être simplifiée par le pape François. Elle est très répandue aux États-Unis, mais reste rare en France : 500 demandes sur 70 000 mariages célébrés à l’Église catholique tous les ans. Elle aboutit dans 90 % des cas et permet aux personnes concernées non seulement de communier, mais également de se marier à nouveau à l’Église. […]

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