Le pape démissionne

Le pape démissionne

Par sa décision, Benoit XVI apporte une réponse qui, espérons-le, fera jurisprudence, à une des grandes incohérences de la discipline de l’Église catholique. 

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Publié le 14 février 2013

Auteur : Antoine Nouis

J’ai en mémoire l’image de Jean Paul II, malade, vieillard, qui a porté jusqu’au bout une charge qui était manifestement trop lourde pour lui. De nombreux catholiques étaient admiratifs de sa fermeté et trouvaient que, par son courage, il endossait de plus en plus une figure christique. Je parie que les mêmes commentateurs vont louer la sagesse de Benoit XVI qui dépose sa charge lorsqu’il réalise qu’il n’a plus les forces suffisantes pour la porter.

Par sa décision, Benoit XVI apporte une réponse qui, espérons-le, fera jurisprudence, à une des grandes incohérences de la discipline de l’Église catholique. Cette dernière invite les prêtres et les évêques à déposer leur charge à l’âge de 75 ans car elle estime qu’au-delà de cet âge, on n’a plus la force d’assumer des responsabilités institutionnelles, ce qui n’empêche pas de poursuivre une mission pastorale. Mais pour le pape qui occupe le poste le plus difficile avec le plus de responsabilité et la direction de l’appareil du Vatican… on peut garder la fonction même quand on est devenu un grand vieillard !

Quand un pape n’aplus les forces d’occuper sa fonction, ce sont les groupes de pression du Vatican qui dirigent la maison. C’est ainsi qu’on peut relire les incohérences de la fin du pontificat de Jean-Paul II en matière d’œcuménisme, lorsqu’un texte d’ouverture comme la déclaration commune avec les luthériens sur la justifications par grâce (1999) a été suivi, quelques mois plus tard, d’un texte de fermeture comme la déclaration Dominus Iesus.

Dans son livre d’entretiens Lumière du monde, Benoît XVI raconte comment, en 2002, quand il a eu 75 ans et qu’il s’appelait encore le cardinal Ratzinger, il avait remis sa démission de président de la congrégation pour la doctrine de la foi à Jean-Paul II. Il rêvait de retourner en Allemagne retrouver sa bibliothèque et son travail de théologien. Le pape a alors refusé sa démission et lui a demandé de rester à son poste jusqu’à la fin de son pontificat. Trois ans plus tard, à la mort de ce dernier, le même Ratzinger espérait enfin retrouver son travail de théologien et il a reçu comme un coup de massue son élection pour succéder à son ami Karol Wojtyla. Il a accepté par obéissance. Huit ans plus tard, il renonce à cette responsabilité. Je lui souhaite de pouvoir accomplir ce qu’il désire maintenant.

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