L’enfant préféré, un sujet tabou

L’enfant préféré, un sujet tabou

Dans les familles, les différences affectives existent, selon les périodes de la vie, les caractères de chacun. Mais ces affinités particulières sont de l’ordre du non-dit. Pourquoi ? Enquête au pays des sentiments et de la culpabilité.

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Publié le 25 mars 2015

Auteur : Fanny Bijaoui

Faites le test autour de vous. Demandez à des amis ou à des proches qui ont le bonheur d’être parents s’ils ont un chouchou. Très vite, et sans sourciller, ils vous répondront du tac au tac : « Quelle idée ! Nous les aimons de la même façon. » La phrase est pleine de bons sentiments, mais elle donne matière à réflexion si l’on veut bien s’interroger sur cette thématique aux ressorts multiples. Car, si l’on reconnaît le droit à chaque être humain d’avoir des affinités et des inimitiés les uns envers les autres, la question semble taboue pour les parents. L’égalité sentimentale s’impose envers leurs progénitures. Pourtant, lorsque l’on pose la question aux enfants, ils désignent d’emblée celui ou celle qui était le chouchou dans leur fratrie et y vont même de leurs analyses, souvent pertinentes. À croire que la clairvoyance des enfants s’annihilerait quand ceux-là mêmes deviennent parents.

« Dans l’idéal des bons parents, on ne veut pas qu’il soit dit qu’on ferait des différences, assure la psychanalyste Catherine Vanier. Mais le monde des bisounours n’existe pas. Les parents ont tous des préférences, consciemment ou inconsciemment. Le fait de le nier tient à l’idéologie dominante actuelle selon laquelle, dans un monde incertain et violent, la seule chose qui soit sûre, c’est le lien parent-enfant non dissociable. Du coup, on investit énormément les enfants. Pas question alors de faire des différences entre eux. »

Pourtant, les enfants ont souvent une conscience aiguë des atermoiements parentaux et perçoivent très bien les gestes d’affection de leurs parents – ou de leurs grands-parents – ou au contraire le rejet qu’ils suscitent. […]

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