Les prématurés, un enjeu de santé

Les prématurés, un enjeu de santé

Environ 60 000 enfants naissent prématurément chaque année en France. Et leur nombre augmente. Avec quelles conséquences ?

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Publié le 27 octobre 2014

Auteur : Elise Bernind

Titouan est né le 31 août à 25 semaines d’aménorrhée (SA, c’est-à-dire semaines sans règles), soit quatre mois trop tôt. Il était considéré comme « très grand prématuré ». La prématurité commence lorsqu’un bébé naît avant 37 SA, soit huit mois de grossesse, la durée normale étant située entre 37 SA et 41 SA + 6 jours. Mais il existe des stades de sévérité dans la prématurité définis par l’OMS (Organisation mondiale de la santé) : la prématurité moyenne voire tardive entre la 32e et la 37e SA, la grande prématurité entre la 28e et la 32e SA et enfin la très grande et extrême prématurité avant 28 SA, soit avant la fin du 7e mois de grossesse. À 22 SA ou moins et à un poids inférieur ou égal à 500 grammes, le nouveau-né est considéré comme non viable. Cette limite basse estimée par l’OMS en l’état actuel des connaissances médicales est reconnue internationalement.

Néanmoins, au-dessus de ce seuil critique, la prise en charge des nouveau-nés dépend étroitement du pays de naissance. Elle fait l’objet d’intenses débats depuis les années 2000 dans les pays où les techniques médicales sont les plus développées, comme en France.

Ainsi, une période de deux semaines, appelée « zone grise », a été définie par la plupart des pays. Elle correspond au moment où l’incertitude est maximale concernant le pronostic de l’enfant et, donc, la « bonne » décision à prendre. Cette zone grise varie selon les pays. Elle se situe à 22-23 SA en Allemagne, à 23-24 SA aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni et à 24-25 SA en Suisse et en France. Ainsi, les bébés nés en France avant 24 SA ne sont a priori pas réanimés. Ceux nés au-dessus de 25 SA le sont systématiquement, sauf indication contraire. Pour ceux nés à l’intérieur de la zone grise, une discussion s’engage entre l’équipe médicale et les parents pour savoir quelle prise en charge mettre en place.

Déculpabiliser les parents

« Il faut savoir que, pour les très petits termes, la réanimation est dite d’attente. Les médecins, qui prennent toujours les décisions collégialement, observent ensuite comment l’enfant réagit. Si sa santé se dégrade ou en cas de séquelles sévères, il est de notre responsabilité médicale de faire accepter aux parents une réorientation vers des soins palliatifs », explique Odile de Bethmann, pédiatre à la maternité Port-Royal de Paris.

« Les équipes soignantes ne jouent pas aux apprentis sorciers », a répliqué Charlotte Bouvard, directrice-fondatrice de l’association SOS Préma (1), au moment de la polémique autour de la naissance de Titouan.[…]

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