L’urgence de la prévention du djihad

L’urgence de la prévention du djihad

Face au nombre croissant de départs pour la « guerre sainte », la France réfléchit  à un programme de désendoctrinement, inspiré notamment par la Grande-Bretagne.

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Publié le 16 octobre 2014

Auteur : Alexandre Mendel

À chaque jour, son nouveau départ. À chaque média, sa nouvelle histoire de course folle vers le djihad. Et à chaque fois, cette interrogation de la part des pouvoirs publics : comment empêcher que de jeunes Français embrassent le radicalisme ? C’est peu de dire que Christiane Taubira vient de briser un tabou dans un pays laïc, en proposant, le 3 octobre dernier, de mettre en place des programmes de désendoctrinement.

« La garde des Sceaux veut répondre au désarroi de familles dont les enfants partent pour la Syrie. Or, au niveau européen, à la différence du Royaume-Uni ou des Pays-Bas, la France n’avait qu’un modèle répressif à proposer. En gros, pendant des années, seuls la police et les renseignements surveillaient des gens considérés comme potentiellement dangereux », explique Francesco Ragazzi, chercheur associé au Centre d’études et de recherches internationales (Ceri). Ce maître de conférences présentera, mercredi 22 octobre, à Sciences-Po Paris, un rapport particulièrement instructif sur les différents moyens de prévention mis en place par les Britanniques et les Néerlandais. Des moyens dont, justement, voudrait s’inspirer la ministre de la Justice.

Des mentors tuteurs

Car en la matière, la France a pris beaucoup de retard. « Depuis 2005, la Grande-Bretagne a développé tout un arsenal préventif. Notamment avec un programme baptisé “Channel” et inspiré par la lutte antibandes et antigang. Il s’agit de nouer des partenariats entre la police, les mairies et les communautés (mosquées, associations musulmanes, imams, travailleurs sociaux, etc.). Des mentors, sortes de figures modèles pour ces jeunes, servent de tuteurs. » Entre 2007 et 2010, 1 120 personnes ont été recommandées pour le « Channel ». Parfois avec des loupés mémorables : des étudiants propalestiniens ont été dirigés vers ce système alors qu’ils ne présentaient aucun danger.

On est loin du rare dispositif préventif qui soit un peu médiatisé en France : un numéro Vert antidjihad, placardé à l’entrée des mosquées (voir photo), incitant les familles à appeler en cas de crainte de départ. Car, aujourd’hui, en l’absence de mécanique étatique, les mesures de prévention sont surtout le fait des musulmans eux-mêmes. Au premier rang desquels figurent, évidemment, les imams dits « modérés ». […]

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