Michel Rocard : « Imposer une autre pensée »

Michel Rocard : « Imposer une autre pensée »

À l’occasion de la publication de son nouveau livre La gauche n’a plus droit à l’erreur, coécrit avec l'économiste Pierre Larrouturou, Michel Rocard nous alarme sur les difficultés auxquelles notre monde est confronté.

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Publié le 20 février 2013

Auteur : Antoine Nouis

Quelle analyse faites-vous de l’accord signé la semaine dernière entre les vingt-sept pays de l’Union européenne ?

Cet accord est budgétaire, exclusivement. Il était nécessaire à la reprise des négociations pour le renforcement de l’Union européenne elle-même et de ses institutions. Il fallait donc le signer. Malheureusement, il a été négocié et signé dans le cadre de la pensée économique monétariste, pourtant condamnée par la crise, et néanmoins respectée par l’Allemagne et l’Angleterre. Le résultat est trop restrictif et malthusien. Il nous reste peu de temps pour imposer la victoire d’une autre pensée économique, plus porteuse de croissance.

Quel regard portez-vous sur la tentative du gouvernement français de réguler le système bancaire ?

Je suis heureux de cette initiative, que je prends comme l’amorce en France d’un processus qui doit conduire à la condamnation générale de l’exubérance de l’économie financière. Mais j’ai peur que ce soit insuffisant. Je reste persuadé qu’il faudrait aller jusqu’à la séparation complète des activités entre gestion de dépôts et marchés financiers, mais le pouvoir bancaire s’y oppose et nous intoxique. Or, les banques gagnent beaucoup plus d’argent sur les activités spéculatives que sur la gestion des dépôts. Les couper, c’est tarir une importante source de leurs profits et de leur fonctionnement. C’est la raison pour laquelle elles ne laissent pas faire. Ce que la France fait n’a de sens qu’au plan mondial. Mais la France tient le rôle de l’exemplarité : nous sommes un assez grand pays, historiquement et culturellement, donc ce que la France fait peut faire réfléchir ceux qui hésitent. […]

Propos recueillis par Antoine Nouis et Frédérick Casadesus

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