« Partager, respecter, pardonner »

Jean-Claude Biver, 65 ans, responsable du pôle horloger de LVMH, réalise depuis longtemps des merveilles dans l’horlogerie suisse. Il parle de son travail et des valeurs qui l’animent.

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Publié le 28 avril 2015

Auteur : Vincent Volet

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Vous avez mené une carrière dans l’horlogerie de luxe, passant de succès en succès, comment l’expliquez-vous ?

Jean-Claude Biver : En Suisse, nous perpétuons une tradition, un savoir-faire, une excellence. Évidemment, cela a son prix. Oui, la précision, l’art, l’éthique, c’est du luxe. Mais nous sommes du luxe par nos valeurs, plus que par les prix. J’adhère complètement à cette qualité. Ma morale est basée sur la fidélité, l’honnêteté, l’amour, et l’art est une expression de l’amour. Dans ma vie professionnelle et privée, je cherche le partage. Je n’ai jamais pensé avoir la science infuse. Je reçois beaucoup de soutien de mes collaborateurs, de mes amis, de ma famille, de mes clients. Ce que je construis est ainsi plus solide.

Aujourd’hui, vous lancez une nouvelle montre connectée. Est-ce l’avenir de l’horlogerie ?

La montre connectée n’est certainement pas l’avenir de l’art horloger traditionnel tel que nous le pratiquons en Suisse. Cet art est marqué par un facteur d’éternité. Une montre mécanique faite dans les règles de l’art, que ce soit au XVIIe ou au XXIe siècle, reste réparable, dans mille ans ou plus. Cette éternité de l’art horloger ne pourra jamais être remplacée par une technologie qui, aussi merveilleuse qu’elle soit, est condamnée à l’obsolescence. La montre connectée fait partie de la technologie avant-gardiste horlogère. Elle aura son marché, ses consommateurs, son utilité, mais elle ne peut pas être comparée à de l’art.

Vous avez ranimé Blancpain, sauvé Omega, fait de Hublot un succès. Vous êtes tel un alchimiste qui transforme en or tout ce qu’il touche. Quelle est la formule magique ?

La formule magique est la passion du métier. Entre ce que je fais et ce que je suis, il n’y a pas de différence. Cela vous donne une ressource de travail infinie. Quand on est passionné d’un métier, on en connaît l’histoire. On peut mieux se projeter vers l’avenir. Pas de tradition, pas de futur. Le deuxième point est que j’ai autour de moi des gens que j’ai engagés il y a vingt ou trente ans. Avec eux, je peux reprendre n’importe quelle marque pour lui redonner de la brillance. Le secret, c’est cette passion et cette communauté de compétences que j’ai le privilège d’avoir autour de moi. Mais je fais aussi tout pour cela. Je suis prêt à écouter, à mettre en valeur, à me remettre en cause.

Avec cela, vous êtes devenu riche. L’argent est un problème quand on n’en a pas. Quand on en a beaucoup aussi, j’imagine…

La vraie, l’énorme richesse, c’est la santé et l’amour. Tout individu en bonne santé peut se considérer riche. Tout individu qui, en plus, aime et est aimé peut se considérer riche. C’est le malheur des gens qui ne seraient riches que d’argent. Ils ne peuvent pas acheter l’amour, même pas la santé. La vraie richesse est au-dessus de l’argent. Quand on a réalisé cela, on arrive à mieux gérer l’argent, sans en faire quelque chose de sacré. On va l’utiliser pour partager, construire, aider. L’argent devient un allié. Je ne suis pas prisonnier de l’argent, mais je suis reconnaissant de posséder à la fois la santé et l’amour. […]

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