Personne ne fuit son pays par plaisir

Personne ne fuit son pays par plaisir

Depuis le mois de septembre 2015, l’association Accueil des réfugiés à Orthez (Pyrénées Atlantiques) a reçu cinq familles de réfugiés. Compte-rendu de la présidente du collectif.

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Publié le 15 juin 2018

En général, les parcours administratifs se ressemblent. L’association a appris à les gérer même si très souvent, il convient de revenir sur l’ouvrage… Au fil des expériences, des réseaux se sont créés avec l’OFII, les préfectures, les médecins, l’hôpital, les écoles, les lieux d’apprentissage du français et même Pôle Emploi. Nous y avons rencontré des portes et des personnes ouvertes ; cependant, parfois, nous tombons mal ! Il nous reste à créer un lien avec la CAF, certains dossiers restent difficiles à gérer.

En septembre 2015, notre calendrier se télescope avec une actualité atroce : la photo d’un jeune enfant mort sur une plage de Turquie. À ce moment-là, nous sommes en pleine effervescence pour accueillir une première famille irakienne chrétienne et musulmane. Nous devons aménager un appartement prêté par la ville  : ménage, déménagement de meubles, électroménager, linge de maison, TV, internet, vélos… Bref, une quinzaine de bénévoles s’activent  ! Il convenait aussi de prendre des contacts administratifs et scolaires. À l’arrivée de cette famille, il a fallu gérer les médias… puis répondre aux demandes de la famille.

Une deuxième famille irakienne nous rejoint un mois plus tard. Ces deux familles s’avèrent fort différentes : les uns ne parlent qu’arabe, les autres parlent très bien anglais. La première famille repartira en Irak ayant l’objectif d’émigrer en Australie rejoindre de la parenté. Leur départ reste gravé comme un moment tourmenté et difficile. Actuellement, ils se sont réinstallés en Irak et viennent d’avoir un troisième enfant, nous en sommes heureux. Cela n’a pas empêché l’association de réitérer immédiatement une demande d’accueil auprès de la FEP. La deuxième famille a beaucoup peiné pour apprendre le français malgré leur très bon niveau universitaire. Notre problématique est de les dynamiser pour une recherche d’emploi. Leurs filles sont des lumières dans leur parcours international de réfugiés.

Parcours migratoires différents

Une nouvelle famille musulmane de cinq personnes est arrivée en octobre 2016 pour un mois seulement. Pour cette maman veuve avec une fillette de 5 ans, nous avons été un pont afin de rejoindre leur famille dans un autre pays européen et leur épargner la route des migrants. Nous gardons un souvenir ému de leur gentillesse et de leur sincérité. En janvier 2017, l’association a reçu une famille de dix personnes aux parcours migratoires différents.

Quelle joie de les voir enfin réunis sous le ciel ensoleillé du Béarn ! Le grand-père parlant bien le français a voulu faire toutes les démarches administratives, nous l’avons laissé faire. Actuellement, nous les aidons pour rattraper certaines bévues, c’est peut-être encore plus difficile, mais nous sommes heureux d’avoir pu rester à l’écoute de leurs aspirations.

Le langage des mains et les sourires

Depuis août 2017, l’association a succédé au comité de Pau pour accueillir une famille de cinq personnes qui retrouvait leurs deux fils aînés étudiants à l’université de Pau… Difficile passage de relais… Cette famille a été la première à bénéficier du dispositif « couloirs humanitaires », signé entre le Président Hollande et cinq partenaires dont la FEP et la Fédération protestante de France. Dès la première entrevue, j’ai été frappée par leur gentillesse et leurs manifestations de reconnaissance. Très vite, je me suis sentie libre de les visiter sans que la barrière de la langue soit un handicap. Le langage des mains et les sourires, parfois les éclats de rire font le reste. Peu à peu, j’ai découvert leurs fragilités (dans leur santé, à cause de deuils successifs dus à la guerre, leur exil très éprouvant au Liban…).

Leurs yeux pétillent quand ils racontent leur vie dans leur maison en Syrie, puis un voile de tristesse tombe et leur regard s’absente. Nous parlons alors d’ici, de leurs progrès en français, de leur féroce envie de s’intégrer ou de leur désir de manger un « Kobeh » cuit sur le feu de bois. L’association forte d’une soixantaine de membres et d’une dizaine de bénévoles très actifs a aussi le souci d’informer et de promouvoir l’accueil des étrangers auprès des Églises mais aussi au travers de manifestations publiques, d’expositions, d’interventions en milieux scolaires, de diffusions de films, etc. afin de faire tomber les préjugés et proclamer que personne ne fuit son pays par plaisir.

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