Qu’est-ce qu’une famille « normale » ?

Qu’est-ce qu’une famille « normale » ?

Le point de vue du psychanalyste et thérapeute de couples et familles.

Un contenu proposé par La Vie Protestante

Publié le 25 octobre 2013

Auteur : Robert Neuburger

Lorsque l’on rencontre des familles en thérapie, il est frappant de constater qu’elles semblent persuadées que nous savons ce qu’est une famille « normale ». Cela concerne pourtant un sujet dont le moins que l’on puisse dire est qu’il semble échapper aujourd’hui à toute norme.

Nous recevons de nombreuses familles de type différent : recomposées, monoparentales, matrifocales, c’est-à-dire organisées autour d’un axe mère-grand-mère, adoptantes, dont les enfants sont issus de techniques médicales, homoparentales, etc. Les familles traditionnelles – conjugales, monogames, biologiques – deviennent minoritaires.

Mais qu’est-ce qui définit un groupe humain comme étant une famille ? Quel est l’élément essentiel qui, s’il venait à manquer, ferait que l’on pourrait avancer qu’il ne s’agit pas d’une famille ?

Cela ne peut pas être sa composition, vu sa variété. Il me semble que le trait spécifique se situe du côté de la transmission. Et pas n’importe laquelle : la transmission de la capacité de transmettre. La famille est, par définition, un groupe dans lequel des enfants pourront trouver des ressources pour se structurer suffisamment afin de pouvoir, s’ils le souhaitent, concevoir leur propre projet, qui peut être de créer plus tard une autre famille, soit dans le prolongement de celle d’origine ou, par réaction, selon un modèle différent.

A partir de cette définition, on peut concevoir des formules différentes quant à la composition des groupes qui pourront s’appeler des familles. On peut aussi percevoir que certains groupes qui s’annoncent comme tels ne le sont pas réellement : lorsque le souci des parents semble réduit à s’occuper de l’enfant, le soigner, lui donner tout ce qui peut lui faire plaisir. Ces groupes fonctionnent comme des familles d’accueil. L’enfant ne reçoit pas quelque chose d’essentiel, ce que la tradition peut lui apporter, à savoir de se sentir appartenir à une famille du fait qu’il est responsabilisé dans son fonctionnement.

Je les appelle les « enfants-cerises », car ils sont appendus à un couple qui les prend en charge, mais n’ont pas appris qu’ils appartiennent à une famille qui comprend, outre une dimension d’appartenance actuelle, une histoire qui les relie au passé, des croyances qui le structurent, qu’ils y adhèrent ou s’y opposent, ce que nous appelons en tant que thérapeutes des mythes. Qui peut se passer de mythes ?

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