Socialisme réaliste

Socialisme réaliste

La conférence de presse de François Hollande aura esquissé le portrait d'un président qui accompagne son pays dans une transition difficile, au prix de de sa cote de popularité.  

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Publié le 29 mars 2015

Auteur : Antoine Nouis

Que le gouvernement ait besoin d’un temps de rodage avant de trouver son bon rythme, quoi de plus étonnant ? Les contraintes d’une campagne électorale ne sont pas les mêmes que celles de l’exercice du pouvoir. Le président et la plupart des ministres se sont retrouvés, par la volonté du peuple, appelés à assumer des responsabilités nouvelles pour eux.
Tous ceux qui ont assumé des responsabilités nouvelles savent qu’il faut un certain temps pour trouver le bon rythme, la bonne posture. Arbitrer entre les espérances suscitées et les contraintes imposées, entre ce qui est souhaitable et ce qui est possible, entre ce qu’on pense et ce que la solidarité nous impose… est un jeu compliqué, un équilibre qui doit en permanence être réajusté.
Il faut ajouter les contraintes particulières du monde médiatique qui fait qu’un dirigeant ne peut pas dire une phrase, émettre une opinion, poser une hypothèse sans que ses propos ne soient connus de tous et brocardés au moindre écart de langage.

Au-delà de l’écume et de l’agitation, la conférence de presse du président de la République a été l’occasion de prendre un peu de recul pour repérer les grands axes de sa politique. Baisse du salaire des ministres, réduction des déficits, contribution renforcée pour les plus fortunés, baisse des charges des entreprises pour renforcer leur compétitivité, ébauche d’une cogestion avec la participation de salariés au conseil d’administration des grandes entreprises, lutte contre les conflits d’intérêt, non-cumul dans mandats… ces mesures ébauchent la politique de ce qu’on pourrait appeler un socialisme réaliste.

Le président de la République apparaît comme un réformateur gestionnaire comme le furent dans leurs pays respectifs un Gerhard Schröder, un Tony Blair. Ils n’ont pas toujours fait rêver mais l’Histoire retiendra qu’ils ont su accompagner leur pays dans des transitions difficiles au prix parfois de leur cote de popularité. Quel que soit le bulletin qu’on a déposé dans l’urne en mai dernier, on ne peut que souhaiter le même destin à François Hollande. […]

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