Un an après les attentats, un pardon possible

Un an après les attentats, un pardon possible

S’il prend du temps et ne va pas de soi, le pardon peut se frayer un chemin après des actes terroristes.

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Publié le 7 janvier 2016

Auteur : Marie Lefebvre-Billiez

Il y a un an, après les attaques terroristes qui ont décimé sa rédaction, Charlie Hebdo publiait une Une improbable : la larme à l’œil, Mahomet arborait une pancarte « Je suis Charlie » et l’hebdomadaire titrait : « Tout est pardonné ». En novembre dernier, après les nouveaux attentats de Paris et Saint-Denis, une manifestation spontanée de cinq mille personnes défilait dans les rues de Rouen, sous la pancarte : « Ni oubli, ni pardon, stop Daech ». Au même moment, Antoine Leiris, un jeune veuf ayant perdu sa femme dans les attentats du 13 novembre, publiait sur Facebook une tribune partagée plus de 230 000 fois, et traduite en anglais par BBC, intitulée : « Vous n’aurez pas ma haine. » Il écrivait : « Non, je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère, ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. »

Autant de prises de position bouleversantes qui posent la question du pardon face à des actes aussi barbares que des attentats terroristes. Est-il possible de l’envisager, même d’en parler, dans des conditions si dramatiques ? Olivier Clerc a consacré deux ouvrages à ce sujet : Le don du pardon et Peut-on tout pardonner ? Il est l’initiateur en France d’une soixantaine de cercles de pardon, et organise tous les ans des « Journées du pardon » lors desquelles il invite de grands témoins. En 2014, il a reçu Ginn Fourie, qui a perdu sa fille dans un attentat terroriste en Afrique du Sud en 1993. Après un temps de deuil nécessaire, elle est entrée dans une démarche de justice restaurative avec le commanditaire des attentats ; ensemble, ils ont fondé une association pour promouvoir le pardon et la réconciliation. Selon Olivier Clerc, le pardon est « un processus visant à permettre aux victimes de guérir leur cœur, de se libérer de l’étau de la haine, de revivre un jour. Cela demande du temps, mais représente un formidable espoir : on n’est pas condamné à vivre indéfiniment dans l’enfer émotionnel ». […]

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